Le Tribunal de grande instance de Paris a rendu jeudi 3 avril son verdict dans l’affaire opposant l’ancien président du Sénat de la République démocratique du Congo,Léon Kengo Wa Dondo, à sept membres du mouvement des patriotes Résistants combattants Kongolais (RCK).
Le tribunal, saisi sur base des accusations de Léon Kengo Wa Dondo, a prononcé des peines allant jusqu’à deux ans de prison avec sursis et des amendes significatives.
Un verdict contesté par la défense et qui a suscité un vif émoi dans les milieux de la diaspora congolaise.
« Dès l’ouverture de l’audience, beaucoup redoutaient un procès politique. Le jugement a confirmé ces craintes : plusieurs condamnations ont été fondées non seulement sur les accusations initiales de violences, mais également sur un chef d’accusation ajouté en cours de procédure, celui de « complicité de préméditation », introduit à la demande du procureur », s’indigne un membre de la diaspora.

Parmi les condamnés, Martin Sali Bongenge, figure connue du militantisme congolais dans la diaspora et président du RCK, écope d’un an de prison avec sursis. Ce n’est pas tout. Chacun des accusés devra verser 10.000 euros d’indemnisation à la famille Kengo. Une décision perçue par certains observateurs comme un acharnement judiciaire.
Dans les rangs des Patriotes combattants Kongolais, l’indignation est palpable. « Il ne s’agit pas de nier les faits, mais de dénoncer une justice sélective », a confié Blandine Matondo, vice-présidente du RCK. Le procès est interprété par plusieurs membres de ce parti comme une tentative d’étouffer les voix dissidentes qui s’élèvent contre l’influence persistante de certaines figures politiques issues du régime Mobutu ou associées aux conflits régionaux du passé.
« Au-delà du cas judiciaire, c’est un débat de fond qui s’ouvre : la justice peut-elle rester neutre lorsqu’elle touche à des enjeux de mémoire, de dignité et de vérité historique pour un peuple ? », interroge un membre des RCK.
Léon Kengo Wa Dondo avait porté plainte suite à son agression à la gare du Nord de Paris en décembre 2011 par des combattants.
Giscard Havril Mane