Le caucus des élus de Beni, dans la province du Nord-Kivu, a mené jeudi un plaidoyer auprès du président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, pour la protection du parc national de Virunga, menacé à la fois par les groupes armés et par les tensions persistantes entre l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et les communautés locales.
Ces parlementaires ont exprimé leur vive inquiétude face à la détérioration des relations entre l’ICCN, les populations riveraines et les groupes armés présents dans les zones protégées du parc.
Ils ont sollicité l’implication de Vital Kamerhe afin de favoriser une solution durable, axée sur une cohabitation pacifique et la résolution des causes profondes du conflit.
« Ce problème avait déjà été soulevé lors de la législature de 2011, mettant en évidence les difficultés de cohabitation. Nous demandons au président de l’Assemblée d’examiner les archives et les processus antérieurs. Il ne manquait qu’un décret du Premier ministre pour finaliser les efforts de démarcation initiés à l’époque », a expliqué le député Arsène Muaka.
Les élus ont également pointé du doigt l’occupation du parc par les rebelles ougandais des ADF, qui complique davantage la situation. Même si le retrait de certains groupes armés a permis à l’ICCN de reprendre le contrôle de certaines zones, le problème de fond demeure.
« Nous voulons une solution concrète, applicable sur le terrain, qui respecte la loi sur la conservation de la nature tout en intégrant les droits des populations locales », a-t-il insisté.
Le parc national des Virunga est en proie à des occupations illégales qui alimentent les tensions. La communauté locale accuse l’ICCN de destruction arbitraire des cultures, tandis que l’institution dénonce l’exploitation incontrôlée des ressources naturelles, notamment la coupe abusive de bois et le braconnage.
Dieumerci Diaka