L’organisation de promotion et de protection des droits de l’homme JUSTICIA Asbl dénonce un usage excessif de la force par les militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) contre une population civile non armée dans la cité de Bukama, province du Haut-Lomami, dimanche dernier.
Dans son communiqué, l’ONG affirme que les FARDC ont « usé des armes lourdes pour s’en prendre à une population civile non armée dans la cité de Bukama et ce sous un prétexte fallacieux d’une attaque des miliciens Maï Maï ».
Selon JUSTICIA Asbl, les militaires déployés en provenance de la base de Kamina auraient été présentés comme ayant été attaqués par de prétendus Bakata Katanga. Toutefois, l’organisation soutient que « les informations recueillies sur place par JUSTICIA Asbl renseignent que plus ou moins 10 personnes auraient perdu la vie et 10 autres personnes blessées dans un état très critique, parmi lesquelles une fille de 12 ans, internées à l’hôpital général de référence de Bukama à la suite des impacts des balles réelles des militaires FARDC ».
L’ONG s’étonne du profil des personnes présentées comme assaillants. « Les personnes présentées comme Bakata Katanga ne sont munies d’aucune arme ni létale, ni non létale, ce qui renforce la théorie de l’usage abusif et disproportionné d’armes à feu par les FARDC qui auraient une attaque arbitraire sur une population civile et non combattante », souligne JUSTICIA Asbl.
Elle rappelle que la RDC est signataire de plusieurs instruments juridiques internationaux consacrant la protection de la personne humaine et cite l’alinéa 1 de l’article 16 de la Constitution qui dispose : « La personne humaine est sacrée. L’État a l’obligation de la respecter et de la protéger ».
Face à ces faits, JUSTICIA Asbl recommande notamment au gouvernement congolais « d’appuyer les autorités judiciaires militaires pour une mission d’enquête sérieuse et indépendante », « d’envisager une relocalisation en dehors de Bukama de toutes les personnes blessées en sorte de bénéficier des soins de qualité » et « d’organiser des obsèques dignes en faveur de toutes les personnes qui sont tombées sous le coup des balles réelles ».
À l’Auditeur supérieur près la Cour militaire du Katanga, l’ONG demande « de se saisir d’office des faits posés par les militaires à Bukama en ouvrant un dossier judiciaire à charge des auteurs présumés de ces différentes violations des droits humains ».
De leur côté, les FARDC ont rapporté dans leur communiqué qu’« une de ses unités déployées à Bukama, dans la province du Haut-Lomami, a été attaquée par des éléments d’un groupe armé identifié sous l’appellation Maï-Maï Zoulou ». L’armée fait état de « quatre assaillants neutralisés et trois blessés », ainsi que d’« un militaire FARDC blessé », tout en rassurant la population que « toutes les dispositions nécessaires sont prises pour garantir la sécurité et l’ordre public ».
Yvette Ditshima






