La RDC veut des « explications » du Kenya, après l’annonce, depuis un hôtel 5 étoiles de Nairobi, de la création de l’Alliance fleuve Congo.
Vendredi au cours d’un briefing spécial, Patrick Muyaya a dit la colère du gouvernement congolais de voir des « activités subversives » contre la RDC être tenues depuis un pays ami, avec lequel il est « dans des processus qui doivent permettre le retour de la paix dans l’Est ».
« Le Kenya nous doit des explications, il y a une procédure diplomatique mise en place », a annoncé Muyaya, non sans évoquer le caractère « antidémocratique » de la démarche de Nangaa et ses nouveaux alliés.
Décidé à consolider les acquis de la première alternance pacifique au sommet de l’État, intervenue après plus d’un demi-siècle de prise de pouvoir par les armes, le gouvernement congolais a mis en garde ce nouveau mouvement politico-militaires.
« Il est hors de question de faire couler le sang des Congolais pour penser pouvoir arriver au pouvoir. Les congolais sont assez morts », a martelé Muyaya.
Pour voir clair dans le rôle joué par Nairobi, le chef de la diplomatie congolaise a convoqué, ce samedi à son cabinet à Kinshasa, l’ambassadeur du Kenya afin de « fournir des explications sur le lancement de cette coalition politico-militaire ». Si Kinshasa reconnaît la liberté de chacun de « se faire rebelle à ses risques et périls », elle entend exprimer sa « désapprobation » face au rôle présumé de Nairobi alors que Nangaa a publiquement remercié le gouvernement kenyan, en marge de l’annonce de son ralliement au M23.
Yvette Ditshima