L’expansion de la zone de contrôle des rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), dans le territoire de Rutshuru, en province du Nord-Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo, a causé des déplacements massifs de la population civile.
Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont fui les zones de combats, cherchant refuge pour se mettre en sécurité. Ce qui a ainsi « aggravé une situation humanitaire déjà catastrophique dans l’Est du pays », alerte l’ONG Human Rights Watch (HRW).
Pour cette organisation internationale, les localités de Rutshuru Centre et de Kiwanja, passées sous contrôle du M23 la semaine dernière, abritent une grande partie des 186 000 personnes déplacées qui avaient déjà fui la reprise des combats entre ce mouvement rebelle et les forces armées congolaises au cours des derniers mois.
« Bon nombre de ces personnes sont à nouveau en fuite », alerte l’organisation.
En 2012, la même organisation affirmait avoir « documenté des exactions généralisées, commises par les combattants du M23 contre des civils, notamment de nombreux meurtres et viols ».
Pour elle, « le fait que les autorités congolaises et rwandaises n’aient toujours pas tenu ce groupe armé responsable de ces crimes passés, renforce les inquiétudes quant à la sécurité des civils désormais sous son contrôle ».
Le M23 a été formé en 2012 par des « déserteurs de l’armée congolaise, eux-mêmes anciens rebelles d’un groupe armé appelé ‘’Congrès national pour la défense du peuple’’ (CNDP), soutenu à son tour par le Rwanda ».
Après la prise de Kiwanja, en 2008, par le CNDP, ces rebelles avaient exécuté sommairement des dizaines de civils en deux jours.
Giscard Havril Mane