Arrêté le 30 mai dernier au tarmac de l’aéroport international de Kinshasa par les renseignements militaires, le conseiller spécial de Moïse Katumbi, Salomon Idi Kalonda, transféré depuis le 10 juin à la prison de Ndolo, attend toujours l’ouverture de son procès par la justice militaire.
Le 5 juin, le lieutenant-colonel Patrick Kangoli, conseiller juridique à l’état-major des renseignements militaires, avait, devant la presse à Kinshasa, déroulé les différentes accusations portées contre le bras droit de l’ancien gouverneur du Katanga : détention illégale d’un pistolet 9 millimètres, utilisation sans autorisation des éléments armés pour sa sécurité personnel, démarches pour acquérir des armes de guerre et
contact « permanent et fructueux » avec les officiers du M23/RDC et les officiels rwandais.
Il avait également indiqué que des projets de communiqué du parti Ensemble pour la République étaient transférés au Rwanda pour validation auprès du chef du renseignement civil rwandais.
« L’un des objectifs était de renverser le pouvoir par tous les moyens et y installer un ressortissant rwandais », avait déclaré lieutenant-colonel Patrick Kangoli.
Près de trois semaines depuis cette sortie médiatique, le débat sur sa légalité continue de diviser.
Si ceux qui soutiennent la démarche de l’armée expliquent cette conférence de presse visait à mettre fin aux spéculations dans l’opinion autour de l’arrestation de cet opposant politique, ceux qui s’y opposent brandissent les articles 132 et 133 de la loi de 2022 sur le Code judiciaire militaire.
L’article 132 de ce Code stipule : « Sauf dans les cas où la loi en dispose autrement, et sans préjudice des droits de la défense, la procédure au cours de l’enquête et de l’instruction prejuridictionnelles est secrète ». L’article 133 quant à lui indique que « sous peine des sanctions prévues par le Code pénal ordinaire, toute personne qui concourt à cette procédure est tenue au secret professionnel ».
Pour le camp de l’accusé, le lieutenant-colonel a porté, avec sa sortie, préjudice aux droits de la défense de Salomon Kalonda.
La Rédaction