Aucun délégué officiel de la RDC ne fera le déplacement d’Afrique du Sud le mercredi 3 septembre, date prévu pour l’ouverture d’une conférence de trois jours sur la paix et la sécurité dans le pays.
La Fondation Thabo Mbeki, initiatrice de la démarche, avait lancé plusieurs invitations en direction des officiels congolais, exécutif et parlement compris, mais aussi à des acteurs de la société civile, aux religieux, aux responsables des groupes rebelles.
Mais Kinshasa a préféré décliner l’invitation, dénonçant une « main mal placée pour penser pouvoir parler ou contribuer au retour de la paix ». Dans une réplique devant la presse jeudi, Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais a rappelé les récentes postures de Mbeki, ancien président sud-africain.
« C’est une initiative informelle qui ne peut nullement nous intéresser », déclaré Muyaya.
A la place, Kinshasa veut concentrer ses énergies sur les processus de Washington et de Doha. Le premier, mené en bilatéral avec Kigali, a accouché d’un accord de paix le 27 juin dernier alors que le second, mettant face à face le gouvernement et le M23, est en passe d’être conclu, selon la médiation qatarie.
Avec la publication récente d’une feuille de route mutualisée des confessions religieuses, Kinshasa tient également un cadre pour initier un dialogue au niveau interne, bien que, dans l’entendement du gouvernement congolais, la situation actuelle est avant tout une conséquence de l’agression du Rwanda.
« On n’a pas besoin de pistes supplémentaires, surtout pas par celui qui est perçu comme partisan, parce que ce sont ses propres déclarations. (…) Et donc l’initiative de l’Afrique du Sud est pour nous inopportune », a insisté Muyaya.
Toutefois, le gouvernement congolais préfère ne pas « verser dans des soupçons sur les calculs » de Mbeki même si celui-ci aurait brillé par un mauvais diagnostic de la situation. Muyaya a expliqué que ni la présidence, encore moins le président de l’Assemblée nationale participera à ces discussions.
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