L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) a publié un document ce jeudi dénonçant l’instrumentalisation présumée de la justice en République démocratique du Congo.
Le communiqué, signé par Florimond Muteba Tshitenge, président du conseil d’administration de l’ODEP, cite un exemple vécu lors de son procès en cours contre la vice-présidente de l’Autorité de Régulation de Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC).
Muteba affirme que lors de la première audience, les magistrats se sont fréquemment déplacés pour recevoir des instructions téléphoniques, ce qui, selon l’ODEP, témoigne de l’influence extérieure sur les décisions judiciaires.
« Moi-même et mes avocats avons vécu en direct cette instrumentalisation de la justice lors de ma première audience du procès qui m’oppose à la vice-présidente de l’ARPTC. Lors des débats, les magistrats ne pouvaient prendre aucune décision sans se déplacer pour parler au téléphone », a-t-il dévoilé.
Cette dénonciation intervient au moment où Kinshasa accueille les états généraux sur la justice en RDC, initiés par le ministre d’État à la Justice, Constant Mutamba.
L’ODEP salue cette initiative, tout en soulignant que l’un des défis majeurs pour réformer le système judiciaire reste son indépendance, souvent compromise par des interférences, surtout lorsqu’il s’agit de cas sensibles impliquant des figures politiques ou des proches du pouvoir.
Giscard Havril Mane