Le président Félix Tshisekedi a signé une ordonnance, lue mardi à la télévision nationale, accordant une grâce présidentielle aux trois américains condamnés à mort à la suite du coup d’Etat manqué du 19 mai 2024. Une décision qui intervient alors que le conseiller spécial du président américain chargé des questions africaines, Massad Boulos, est annoncé ce 3 avril à Kinshasa.
Après la mésaventure du député Ronny Jackson (présenté à tort le 16 mars comme l’émissaire de Donald Trump lors de sa rencontre avec Félix Tshisekedi), cette fois-ci, la presse présidentielle congolaise peut le dire sans crainte : un émissaire du président Donald Trump sera reçu par Félix Tshisekedi ce 3 avril à la Cité de l’Union africaine. Il s’agit de Massad Boulos, le père du gendre de Donald Trump, récemment nommé conseiller spécial du président pour l’Afrique, lui qui joue le même rôle pour les pays arabes et le Moyen Orient.
Selon une confirmation du Département d’Etat américain, Massad Boulos se rendra pour son premier voyage officiel en Afrique en RDC, au Rwanda, au Kenya et en Ouganda. La première étape de son périple commence ce 3 avril en RDC où il rencontrera des officiels congolais, en premier lieu le président Félix Tshisekedi. Au menu : » Faire avancer les efforts en vue d’une paix durable » dans l’Est de la RDC, et » promouvoir les investissements du secteur privé américain dans la région « .
Ces dernières semaines, le gouvernement congolais courtise les entreprises pour qu’elles viennent investir dans ses riches carrières minières. Une présence qui pourrait, espère Kinshasa, valoir une garantie d’une paix durable dans la région, alors que les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda se sont emparés des pans entiers des territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dont les chefs-lieux Goma et Bukavu.
L’arrivée Massad Boulos a-t-elle pesée dans la décision de Félix Tshisekedi de gracier les trois américains condamnés à mort ? Marcel Malanga Malu, Taylor Christa Thomson et Zalman Polun, les trois sujets américains condamnés à mort dans l’affaire du coup d’État manqué du 19 mai 2024 ont bénéficié, lundi, d’une mesure de commutation de peine. De la peine de mort, ils sont passés à la peine à perpétuité. Et selon certaines sources diplomatiques, l’émissaire de Donald Trump devrait demander plus au chef de l’Etat congolais : leur extradition et transfèrement devant la justice américaine. Ce que Kinshasa peut bien accorder dans l’espoir de se rapprocher un peu plus de Washington qui semble jusqu’ici réticente à l’idée d’encourager ses entreprises à se positionner dans les mines congolais.
Infos.cd