L’archevêque président du Conseil Interreligieux du Congo (CIC), Israël Dodo Kamba, a exprimé ce mercredi son soutien aux accords de Washington signés en décembre dernier entre la République démocratique du Congo et les États-Unis.
Vivement critiqués par certains évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), ces accords sont pourtant jugés bénéfiques pour les deux pays par le président du CIC, qui reconnaît néanmoins que la RDC a consenti à offrir ses ressources minières dans le cadre de ce partenariat stratégique.
« Ce n’est qu’une question d’intérêts. Je crois que conséquemment de tout ce qui avait été proposé, le Congo sera en train de gagner en ce qui le concerne. Parce qu’aujourd’hui, on ne peut pas se voiler la face, le Congo a plus besoin de l’Amérique que l’Amérique pour le Congo », a déclaré Israël Dodo Kamba.
Face aux inquiétudes soulevées sur un éventuel bradage des minerais congolais, l’archevêque a pris le contre-pied de la position de certains prélats de la CENCO, qu’il invite à privilégier des propositions concrètes plutôt qu’une critique à distance.
« Il faudrait être réaliste. Vous avez l’occasion de formuler des recommandations et de demander au chef de l’État peut-être de revoir tel ou tel article, c’est toujours faisable, au lieu de critiquer de loin, construisez. (…) Le chef de l’État s’est retrouvé dans une situation où il devait faire quelque chose pour son pays. En se recherchant, il peut y avoir des faiblesses dans les accords que d’autres n’ont pas vues, mais qu’eux peuvent voir et corriger », a-t-il lancé.
Pour Dodo Kamba, la RDC pourrait tirer d’importants avantages sécuritaires de ces accords, notamment dans le contexte des agressions répétées dont le pays est victime.
« Ils peuvent venir nous former. Ils ont assez d’expérience. Ils peuvent former notre armée, aider les Congolais à être de taille face aux agressions d’autres pays, et aussi nous fournir les armes, nous faciliter l’acquisition de certaines armes pour la défense de notre pays », a-t-il ajouté, évoquant des « éléments stratégiques » que la RDC pourrait exploiter pour renforcer sa défense.
Les évêques de la CENCO, à l’instar de leur président Monseigneur Fulgence Muteba, ont récemment fait des révélations critiques autour de ces accords. L’archevêque de Lubumbashi avait notamment affirmé que ces textes consacreraient l’exploitation des minerais congolais pour une durée de 99 ans, suscitant de vives réactions au sein de l’opinion publique.
Hugo Matadi






