Invité dimanche soir du « Journal de l’Afrique » sur France 24, l’opposant congolais Jean-Marc Kabund a estimé que la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC ne saurait être réduite à la seule question de l’AFC/M23, alors que plusieurs initiatives diplomatiques, notamment sous l’égide de Angola et le Quatar sont en cours pour relancer le dialogue avec la rébellion.
Dans un contexte marqué par la poursuite des combats dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, ainsi que par l’occupation de villes stratégiques Goma et Bukavu par les rebelles de l’AFC/M23, Jean-Marc Kabund a dénoncé une lecture réductrice de la crise sécuritaire.
« Le gouvernement veut faire croire à l’opinion que le seul problème que nous avons à l’Est du pays s’appelle M23. C’est faux, les ADF continuent de tuer à l’Est du pays, vous avez le CODECO, nous avons plus de 250 groupes armés qui opèrent dans l’est du pays qui tuent des Congolais. On ne peut pas résumer l’insécurité de l’Est du pays par l’AFC/M23 et dire aux gens que l’on ne peut pas négocier avec l’AFC/M23 parce qu’il tue. Est-ce qu’il n’y a que l’AFC/M23 qui tue ? Nous disons non. Le problème est plus grand que l’AFC/M23 et nous voulons cette fois-ci remettre les choses sur les rails, discuter de manière sérieuse, courageuse et sincère pour que la partie Est de notre pays puisse retrouver la paix », a-t-il déclaré.
Ces déclarations interviennent alors que des discussions autour d’un dialogue avec le mouvement AFC/M23 sont évoquées dans le cadre des processus régionaux et internationaux. L’Angola, le Quatar ainsi que les États-Unis se sont déjà impliqué dans des tentatives de médiation entre Kinshasa et Kigali, pour favoriser une désescalade et encourager une solution politique.
Toutefois, à Kinshasa, la question des négociations directes avec l’AFC/M23 continue de diviser l’opinion et la classe politique, certains estimant qu’il est difficile d’engager des pourparlers avec un mouvement accusé de graves exactions, tandis que d’autres plaident pour un dialogue élargi incluant l’ensemble des groupes armés actifs dans la région.
Au-delà de l’AFC/M23, l’Est de la RDC reste le théâtre d’attaques attribuées aux ADF, aux miliciens de la CODECO et à une multitude d’autres groupes armés. Selon plusieurs rapports, plus de 250 groupes seraient actifs dans cette partie du pays, alimentant un cycle de violences, de déplacements massifs de populations et une crise humanitaire persistante.
Pour Jean-Marc Kabund, toute initiative de paix crédible devrait donc aborder la problématique sécuritaire dans sa globalité, en intégrant les dimensions politiques, militaires et sociales du conflit.
Yvette Ditshima






