Ce mardi en conférence de presse à Kinshasa, l’acteur politique Mfumu Ntoto a interpelé les opposants qui se mobilisent contre l’initiative du Chef de l’État à mettre en place, l’année prochaine, une commission composée des acteurs de différents domaines pour réfléchir comment doter le pays d’une Constitution « adaptée aux réalités ».
Selon le coordonnateur national du courant de pensée la Troisième voix, les dirigeants actuels, étant élus par le peuple, ont le plein droit de consulter ce dernier sur des questions fondamentales, telles que la révision de la Constitution.
« On ne peut pas empêcher un Chef de l’État élu de consulter le peuple », a-t-il affirmé.
Pour ce qui est de la nécessité de la démarche, il a fait savoir qu’il revient au peuple congolais de trancher, via le référendum, s’il veut ou pas de la révision des dispositions verrouillées de la Constitution du février 2005 encore en vigueur.
Devant les médias de la capitale, Mfumu Ntoto a également évoqué la nécessité de créer une « nouvelle République », qu’il considère comme la première véritable République de l’histoire du Congo. Selon lui, le pays n’a jamais eu de Constitution qui émane réellement de la volonté populaire.
« Nous demandons au Chef de l’État de nous créer une nouvelle République », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que la légitimité d’une Constitution doit découler d’un consensus populaire.
Le politicien a par ailleurs remis en question la légitimité des actes constitutionnels précédents, en commençant par la Charte coloniale de 1908 jusqu’à la Constitution actuelle qui a résulté d’un référendum en 2005. Pour Mfumu Ntoto, ces textes législatifs, loin de refléter la volonté du peuple, ont souvent été imposés au peuple ou portés par les personnalités non élues et non délégués au préalable.
Japhet Mukoko