Un jour après « l’éclairage » de Corneille Nangaa sur l’existence ou non d’un « arrangement frauduleux » entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, Thierry Monsenepwo, un des cadres de l’Union sacrée a répliqué dans une tribune publiée dimanche.
Monsenepwo, dans sa tribune, a dénoncé des « mensonges » et des « contradictions » dans la déclaration rendue la veille par Corneille Nangaa, ancien président de la CENI, affirmant qu’il « existe bel et bien un arrangement » entre Tshisekedi et Kabila.
Cet accord, selon Nangaa, a été signé devant témoins et est intervenu entre la publication des résultats provisoires par la CENI et leur entérinement par la Cour constitutionnelle, les deux confirmant Félix Tshisekedi vainqueur de la présidentielle de décembre 2018.
« D’où vient alors cette malicieuse pensée qui ferait croire à Nangaa que cet accord a eu de l’incidence sur la décision définitive de la Cour constitutionnelle proclamant Felix Tshisekedi vainqueur ? Il nie donc en même temps sa propre publication provisoire ? », s’est interrogé ce cadre du parti politique de Lambert Mende, la bouche autorisée du régime Kabila.
A Nangaa, qui a dit avoir été parmi les rédacteurs de l’accord Tshisekedi-Kabila, Monsenepwo a lancé la question :
« En quelle qualité, un président de la CENI, numéro 1 d’une institution d’appui à la démocratie, réputée neutre et apolitique, ayant déjà joué sa partition lors des élections comme organe technique du scrutin, et en proclamant d’ores et déjà les résultats provisoires, peut-il encore être impliqué dans la signature des accords entre acteurs politiques pendant que lui ne l’est pas ? »
Cette questions, soutient Monsenepwo, suffit pour battre en brèche les révélations faites par Nangaa au sujet de ce qu’un ancien ministre français des Affaires étrangères, Le Drian, a qualifié de « compromis à l’africaine ».
Une manière de ne pas reconnaître la véracité des résultats publiés par la CENI. Comme Le Drian, l’église catholique, qui avait des observateurs dans plusieurs bureaux de vote, a aussi estimé que les résultats publiés n’avaient pas reflété la vérité des urnes.
Cependant, pour Thierry Monsenepwo, il n’y a aucun doute que Félix Tshisekedi avait bel et bien remporté la présidentielle de 2018.
« La chose facile à faire pour le camp du FCC (regroupement de Joseph Kabila), au pouvoir à l’époque des faits sus évoqués, aurait été de demander a ce que Shadary (dauphin du président Kabila et candidat du régime) soit proclamé vainqueur de la présidentielle de 2018, car personne au monde ne triche pour le camp du voisin », a soutenu Monsenepwo.
Il considère que les propos de Tshisekedi rejetant les allégations d’un « arrangement frauduleux » avec Kabila, ont « définitivement fait taire les soupçons malveillants au sujet d’entourloupes avec son prédécesseur ».
Dans sa tribune, Monsenepwo a dit reconnaître qu’un seul accord entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila. C’est celui signé le 6 mars 2019 pour la création de la coalition FCC-CACH et publié le 26 juillet de la même année. Cet accord avait donné lieu à la formation du gouvernement Ilunkamba.
Yvette Ditshima