Le procès portant sur le détournement de fonds destinés à la construction de forages s’est poursuivi ce lundi à la Cour de cassation, avec les témoignages de Muhindo Nzangi, ministre actuel du Développement rural, et du directeur général de la société Stever Construct, Mike Kasenga.
Intervenant comme renseignant, Muhindo Nzangi a justifié sa décision de mettre fin à l’exécution du contrat, citant la qualité douteuse de l’eau fournie, les forages réalisés à 19 mètres de profondeur sont situés à proximité de fosses septiques, mettant en danger la santé des populations en raison des risques de contamination.
Selon l’actuel ministre du développement rural, le contrat a été présenté comme étant dix fois plus coûteux que la norme.
« On sait combien coûte un forage. Ce contrat est facturé à des chiffres qui défient toute logique. On ne peut pas continuer à accepter cela », a-t-il déclaré.
Muhindo Nzangi a ainsi critiqué la gestion du projet par son prédécesseur, François Rubota, et affirmé que la poursuite de ce contrat aurait été irresponsable.
En réponse, Mike Kasenga a exprimé son étonnement face aux déclarations du ministre. Il a défendu la qualité des travaux effectués.
« Je suis très étonné des propos tenus par le ministre Muhindo Nzangi qui, lors de son passage dans la province de la Mongala, avait demandé à mon représentant à Lisala de lui faire rapport. Il était prévu 17 sites, dont 5 sont déjà terminés. Les laboratoires ont certifié la qualité de l’eau fournie. Le rapport de l’Office congolais de contrôle existe. De plus, nous avons une ligne de traitement de l’eau qui traite même l’eau la plus nocive », a-t-il répondu.
Le procès oppose deux personnalités clés François Rubota, ancien ministre du Développement rural, accusé d’avoir conclu le contrat litigieux et Mike Kasenga, représentant la société chargée de la construction des forages.
Les deux hommes sont poursuivis pour détournement de fonds publics, un délit reproché par le ministère public.
Jevic Ebondo (stagiaire)