La Cour militaire de Kinshasa-Gombe a poursuivi ce jeudi l’instruction de l’affaire Corneille Nangaa et vingt-quatre autres prévenus pour leur implication présumée dans la rébellion à l’Est de la RDC.
Ce jeudi, deuxième jour de ce procès ouvert la veille, la Cour a posé des questions aux prévenus pour éclairer sa lanterne.
Ainsi, Eric Nkuba, proche collaborateur de Corneille Nangaa arrêté en Tanzanie, a comparu devant les juges de la Cour militaire. Il a expliqué le contour qui a amené la création de l’AFC.
« Nous avons créé l’AFC le 15 novembre 2023 à Nairobi, en nous basant sur l’article 64 de la Constitution congolaise qui donne le pouvoir à tout congolais pour user de ses moyens. Si vous regardez dans la province de Kwilu, Nord-Kivu, rien ne va. Il n’y a aucun changement à Kinshasa. Nous avons créé l’AFC pour donner de la valeur aux Congolais, comme il en était le cas auparavant du temps du Zaïre », a répondu Eric.
Ce bras droit de Nangaa a révélé que lors de leurs séjours en Ouganda, ils logeaient dans les appartements du général Muhoozi, le fils Museveni et chef de l’armée ougandaise.
« C’est lui qui nous fournissait le lieu d’hébergement », dit-il.
Cette révélation vient renforcer le rapport des experts de l’ONU qui a pointé du doigt l’Ouganda dans le soutien de la rébellion du M23.
Poursuivant son intervention, Eric Nkuba a fait savoir que la première réunion de l’AFC à Rutsuru a eu lieu dans la résidence Sultani Makenga chef militaire de M23.
« La réunion n’a pas eu lieu à Kigali mais à Rutshuru dans la résidence du général Makenga. C’était notre première réunion de prise de contact après la création de notre plateforme à Nairobi en compagnie de Corneille Nangaa. Je n’ai pas trahi le Congo. Je voulais plutôt instaurer la démocratie », a poursuivi Eric Nkuba dans ses réponses aux préoccupations de la Cour militaire de Kinshasa.
La Cour militaire va poursuivre son instruction ce vendredi.
Dieumerci Diaka