Au cours du briefing presse organisé mercredi, la ministre déléguée en charge des Personnes vivant avec handicap, Irène Esambo, a passé en revue les innovations de la Loi organique du 3 mai 2022 portant protection et promotion des droits de la personne avec handicap et des 5 décrets qui l’accompagnent.
La plus marquante de ces innovations est l’introduction d’un seuil de représentation de la personne avec handicap dans les institutions, la fonction publique mais aussi dans le secteur privé.
Selon le résumé fait par la ministre, dans l’article 28 de cette Loi, les personnes avec handicap doivent être représentées dans les institutions publiques et autres organismes de l’Etat ou privés aux niveaux national, provincial et local en tenant compte de leur poids démographique. Un décret du Premier a fixé ce seuil de représentativité à 5% pour les institutions et la fonction publique et à 3% pour le secteur privé.
Une « mesure de discrimination positive », selon la ministre Esambo qui a rappelé que cela ne relève pas d’un « privilège accordé à certaines catégories » mais bien d’un des « devoirs reconnus aux pouvoirs publics pour aider les PVH à pouvoir remplir leurs rôles normatifs au sein de la société », car, a-t-elle soutenu, « personne d’entre nous n’est à l’abri d’un handicap ».
Par cette « discrimination positive », le gouvernement espère faire participer les personnes avec handicap dans la chaine de décision.
La ministre Irène Esambo a rappelé que le handicap, « donne transversale », ne se limite pas au physique mais concerne également les personnes atteintes d’albinisme, de surdité ou encore celles ayant des problèmes mentaux.
« Il faut que la personne avec handicap soit représentée pour parler de ses problèmes, donner ses opinions et participer à la gestion de l’Etat. La loi organique a fait de cette représentation une obligation. Ce qui est fait sans nous, se fait contre nous », a-t-elle insisté, elle-même personne avec handicap depuis son enfance.
En RDC, des efforts ont été consentis ces 4 dernières années pour l’inclusion des personnes avec handicap. Aux côtés de la création de ce sous-secteur rattaché aux Affaires sociales et de la Loi organique, un secrétariat général dédié a été mis en place et confié à une personne atteinte d’albinisme. Une première dans l’histoire de la RDC.
Yvette Ditshima