Interpellé le 2 septembre à Kinshasa, l’Opposant Seth Kikuni serait détenu dans les geôles de l’Agence nationale des renseignements (ANR). Si personne ne peut formellement confirmer cette information face au manque d’éléments et au mutisme des renseignements, l’Opposition ne cache plus sa colère.
De Fayulu à Katumbi, en passant par Joseph Kabila et Lubaya, toutes les franges de l’Opposition ont fait chorus pour dénoncer la détention de cet ancien candidat à la présidentielle. Sur son compte X jeudi, Martin Fayulu a été particulièrement touché par le « cri déchirant de l’épouse de Seth Kikuni ». Le président du parti politique ECiDé a dénoncé surtout la « violation des droits fondamentaux » de Seth Kikuni.
« Il est donc incontestable que la place de Seth Kikuni n’est pas dans une cellule, mais auprès de sa famille », a écrit celui qui appelle depuis quelques semaines à la cohésion nationale.
Mercredi, Claudel Lubaya, un autre opposant, a fustigé le « dépassement du délai légal de quarante-huit heures de détention préventive ». Pour cet ancien député national, le maintien de Kikuni en garde à vue est un « acte arbitraire qui contredit toute la rhétorique officielle sur l’Etat de droit ».
« Seth est un ancien candidat à la Présidence de la République et ce, à deux reprises, un acteur politique de l’opposition, Président d’un Parti Politique. Il n’a jamais pris les armes contre son pays, il n’a jamais détourné les deniers publics ou commis antérieurement une infraction de droit commun », a écrit pour sa part Patrick Nkanga, un cadre du FCC de Joseph Kabila, sur X.
« S’il lui est reproché des faits répréhensibles, qu’il soit soumis à son juge naturel et que ses moyens de défense soient présentés, dans le cadre d’une procédure pré-juridictionnelle régulière ou d’un procès équitable, s’il échet », a conclu l’ancien président des jeunes du PPRD.
Dans cette levée de boucliers, Moïse Katumbi, autre opposant de premier plan en RDC, n’est pas resté en reste. Par la bouche de son porte-parole Olivier Kamitatu, il a dénoncé une « violation flagrante de l’État de droit » alors que, selon lui, la « démocratie congolaise est devenue une farce insupportable ».
Au-delà de l’Opposition, l’arrestation de Kikuni a également fait réagir la Société civile, notamment l’ASADHO de Jean-Claude Katende pour qui l’arrestation de Kikuni a davantage sali le régime de Tshisekedi.
Yvette Ditshima