Le Prix Nobel de la paix, Denis Mukwege, a exprimé son inquiétude dans un message intitulé: « Rapport Mapping 14 ans », où il constate que plus de dix ans après, il ya beaucoup de promesses du gouvernement mais peu d’avancées concrètes sur terrain.
« Alors que le président Félix Tshisekedi avait suscité l’espoir en 2020 suite à l’expression d’une volonté politique de placer la justice transitionnelle à l’agenda du gouvernement lors de son premier mandat, force est de constater que seul un mécanisme non judiciaire, le Fonds national de réparations (FONAREV) a été installé sous l’égide du Bureau de la première dame, mais n’est pas encore opérationnel et effectif, ce qui engendre beaucoup de déceptions dans le chef des victimes », a fustigé Denis Mukwege.
Pour lui, en dépit de la consultation populaire il y a deux ans par le ministère des Droits humains sur la Justice transitionnelle, rien de concret n’est fait.
« De plus, malgré le lancement d’un processus de consultation populaire sur la justice transitionnelle sous l’impulsion du ministre des Droits humains en 2022 et la mise en place d’un Comité scientifique chargé de l’élaboration du projet de politique nationale de justice transitionnelle en RDC, cette politique n’a toujours pas été adoptée 14 ans après la publication du rapport par les Nations unies ».
Le candidat malheureux à la présidentielle du 20 décembre dernier en RDC déplore le manque de volonté politique dans la mise en œuvre de cette politique, dès le moment où même dans le programme d’actions du gouvernement Suminwa, cette politique n’est pas prise en compte.
« Nous déplorons que le programme d’actions du gouvernement pour 2024-2028 ne contienne qu’une mention cosmétique à la justice transitionnelle, ce qui démontre qu’il n’y a pas une réelle volonté politique du régime en place pour faire avancer la justice transitionnelle en RDC, ce qui est très regrettable lorsque l’on sait que l’impunité pour les crimes du passé alimente la répétition des atrocités jusqu’à a ce jour ».
Giscard Havril Mane