Le leader du parti Ensemble pour la République est-il dans des sales draps ? Moïse Katumbi a entrepris des travaux de rehabilitation d’une piste d’atterrissage à Mulonde, groupement de Kamfwa, dans le territoire de Pweto.
Problème : il n’a pas obtenu une autorisation préalable des autorités. Ce qui l’expose à des poursuites.
Dans une correspondance datée du 26 septembre 2024, le candidat à la dernière présidentielle essaie de se rattraper en informant le directeur de l’Autorité de l’aéronautique et de l’aviation civile de son initiative.
« Il s’agit d’une vieille poste qui servira non seulement à désenclaver la région et ses villages environnants, mais également à faciliter l’évacuation des patients vers Lubumbashi, suite à la construction d’un centre de santé à Mulonde. Cette initiative est d’autant plus plus nécessaire en raison de l’état de dégradation avancée de la route desservant le territoire de Pweto », explique Moïse Katumbi dans sa lettre, précisant que la piste sera « gracieusement transférée à la Régie des voies aériennes (RVA)».
Mais ces explications n’ont pas suffi à convaincre les autorités. Une délégation de militaires et d’agents des services de renseignements a été dépêchée sur place les 1er et 2 octobre. Ces émissaires de l’Etat ont fouillé le domicile de Moïse Katumbi près de la piste d’atterrissage en question, arrêtant un chauffeur et réquisitionnant un véhicule.
Les proches de Katumbi et les députés de son parti dénoncent un acharnement contre l’ancien gouverneur du Katanga.
Dans une réponse à Katumbi le 3 octobre, le directeur juridique de l’Autorité d’aviation publique, Antoine Kanyanga, a souligné le fait qu’il a entrepris les travaux en « violation flagrante » de la loi, donc sans autorisation préalable du ministre ayant l’aviation civile dans ses attributions.
En effet, l’article 183 alinea 1er de la loi de 2010 sur l’aviation civile stipule que « est puni d’une servitude pénale de cinq à dix ans et d’une amende de 200 millions à 500 millions de francs, quiconque construit, modifie ou exploite un aérodrome sans autorisation préalable du ministre ayant l’aviation civile dans ses attributions. »
Infos.cd