Une table ronde sur l’appropriation collective du Génocost s’est tenue à Kinshasa du 31 mars au 3 avril. Placée sous le thème : « Engageons-nous à l’appropriation collective du Génocost, à la reconnaissance internationale du génocide commis en RDC et à la promotion de la culture de la paix », elle a rassemblé des participants venus de toutes les provinces du pays.
Au terme de ces travaux, deux recommandations majeures ont été formulées à l’intention de la Présidence de la République : l’insertion de la question du génocide dans l’élaboration du programme du gouvernement, et la déclaration du 2 août date de commémoration comme journée chômée et payée.
Au gouvernement, ils ont recommandé de reconnaître la particularité du génocide dans les attributions des ministères concernés, d’anticiper la mise en œuvre des résolutions des organes internationaux de défense des droits humains, et de libérer les moyens nécessaires pour les enquêtes de terrain visant à établir la vérité sur les crimes commis.
Au Parlement, les participants ont plaidé pour l’adoption d’une résolution de reconnaissance du génocide. Ils ont également proposé la création d’un fonds destiné à la collecte et à la consolidation des preuves crédibles.
Parallèlement à cette rencontre, un briefing de presse a été animé par le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya aux côtés du directeur général adjoint du Fonds national des réparations des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), et du professeur Serge Mayaka, membre du comité scientifique préparatoire.
Kevin Ngunga a insisté sur le fait que la réparation intégrale ne pourra se faire que lorsque la paix reviendra dans les territoires encore sous la menace.
« La réparation intégrale des victimes ne pourra se faire tant que les territoires continuent d’enregistrer des cas d’agression. En attendant, le gouvernement applique ce que l’on peut qualifier comme des mesures provisoires urgentes avant le rétablissement de la situation sécuritaire dans les zones en conflit », a-t-il expliqué.
Il a aussi tenu à préciser la portée juridique et symbolique du Génocost, qui ne doit pas être confondu avec le concept de génocide tel que défini par le droit international.
« Le Génocost, c’est la dénomination de la journée nationale d’hommages aux victimes et aux personnes qui leur ont porté secours. Le génocide, lui, est un concept juridique avec des critères précis », a-t-il rappelé.
Enfin, le FONAREV a souligné que la reconnaissance nationale du Génocost devrait renforcer la solidarité, l’hommage aux victimes, et initier un véritable processus de réparation.
« Cette reconnaissance serait déjà un début de la réparation. Ceci conduit à la guérison », a ajouté Kevin Ngunga.
Yvette Ditshima