Après Kinshasa en mars 2023, c’est un nouveau rendez-vous manqué pour le président congolais, Félix Tshisekedi, dans son espoir de voir son homologue français, Emannuel Macron, prendre une position ferme vis-à-vis de Paul Kagame dont les troupes de son pays occupent des pans entiers des territoires dans l’Est du pays.
Samedi, le président congolais n’a pas pris part à la conférence de presse de clôture du XIX Sommet de la Francophonie, encore moins au huis clos des chefs d’État et de gouvernement un peu plus tôt dans la matinée. Une façon pour lui de manifester son mécontentement face à l’omission, par Emmanuel Macron, la veille lors de son discours inaugural, de la crise dans l’est de la RDC. Alors que le chef de l’État a cité la crise au Liban ou encore en Ukraine, dénonçant l’agression russe.
Le président français qui avait pourtant reçu en tête-à-tête le 4 octobre Félix Tshisekedi sur la question et le lendemain Paul Kagame, pouvait tout omettre, sauf cette crise qui touche le plus grand pays francophone.
En répondant à la question de Jeune Afrique à la conférence de clôture, le président français a beau se justifier de n’avoir été que « parcellaire dans les citations», le mal est fait et est surtout diplomatiquement très significatif.
Comme pour enfoncer le clou, Emmanuel Macron a pratiquement défendu la position de Kigali qu’il effleure à peine la responsabilité dans le conflit, soutenu « le retrait du M23 et des troupes rwandaises», mais aussi au « démantèlement des FDLR et de tous les groupes armés en RDC, et à l’arrêt des discours de haine ».
Face à cette « mauvaise foi» du chef de l’État français, Kinshasa doit-il toujours compter sur Paris dans l’arbitrage de ce conflit ? L’on sait que, même au Conseil de sécurité, c’est la France qui prend le lead dans la recherche des solutions à ce conflit. Mais son impartialité devient clairement sujette à caution. « Du coup, même dans le processus de Luanda, on finit par se rendre compte que c’est sa position sur les FDLR dont la capacité de nuisance reste faible et le supposé discours de la haine contre la population rwandophone que la médiation met en avant plan », observe un analyste congolais du conflit. Ce dernier conseille à la RDC de s’écarter du schéma proposé par la France dans cette crise qui, selon lui, ne serait qu’un « piège ».
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