Des milliers de Bukavois ont investi jeudi les rues du chef-lieu du Sud-Kivu. Ils ont marché, en réponse à l’appel de la Coordination provinciale de la société civile du Sud-Kivu, pour exprimer leur ras-le-bol face à la persistance de l’insécurité et dénoncer la persistance de la guerre d’agression à l’Est du pays.
Cette marche, partie de la place Mulamba pour chuter au bureau du gouverneur du Sud-Kivu, s’est soldé par la lecture d’un mémorandum à l’attention du président de la République.
Les manifestants ont, parmi leurs revendications, exigé le retrait de la RDC de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC).
Kinshasa a officiellement adhéré à l’EAC en juillet 2022 dans l’espoir entre autres de résoudre définitivement la question de la crise sécuritaire à l’Est, attisée par les groupes armés dont les M23, soutenus notamment par le Rwanda.
Kinshasa a même obtenu de l’EAC le déploiement d’une force régionale pour bouter dehors les M23. L’initiative s’est soldée sur un échec et le gouvernement congolais, qui s’est tourné vers la SADC, n’a pas renouvelé le mandat de la Force de l’EAC en décembre dernier.
Outre l’EAC, à Bukavu, les manifestants ont appelé le gouvernement congolais à claquer la porte de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), dirigée actuellement par Louise Mushikiwabo, ancienne ministre des Affaires étrangères du Rwanda sous Paul Kagame.
Quitter l’OIF, à les en croire, serait un geste fort pour « dénoncer l’hypocrisie de la communauté internationale qui joue au pompier pyromane ».
Au gouvernement congolais, ces manifestants ont aussi demandé de fermer immédiatement les frontières avec le Rwanda et l’Ouganda, de rompre les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, la France, le Royaume-Unis et d’autres pays de l’Union européenne.
Ils accusent ces pays d’être « impliqués dans l’holocauste oublié du Congo ».
Fidèle Kitsa