L’opposant congolais Jean-Marc Kabund-A-Kabund a regagné Kinshasa ce vendredi, au terme d’une tournée européenne marquée par une offensive médiatique et diplomatique autour de la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Parmi les temps forts de ce déplacement figure son intervention sur le plateau du Journal de l’Afrique de France 24. Face à un public international, le président du parti politique Alliance pour le Changement (A.Ch) a contesté la lecture dominante de la crise sécuritaire congolaise.
« Le gouvernement veut faire croire à l’opinion que le seul problème que nous avons à l’Est du pays s’appelle M23. C’est faux, les ADF continuent de tuer à l’Est du pays, vous avez le CODECO, nous avons plus de 250 groupes armés qui opèrent dans l’est du pays qui tuent des Congolais. On ne peut pas résumer l’insécurité de l’Est du pays par l’AFC/M23 et dire aux gens que l’on ne peut pas négocier avec l’AFC/M23 parce qu’il tue. Est-ce qu’il n’y a que l’AFC/M23 qui tue ? Nous disons non. Le problème est plus grand que l’AFC/M23 et nous voulons cette fois-ci remettre les choses sur les rails, discuter de manière sérieuse, courageuse et sincère pour que la partie Est de notre pays puisse retrouver la paix », avait-il déclaré.
À travers cette sortie, Jean-Marc Kabund a plaidé pour une lecture globale du conflit, estimant que la crise sécuritaire ne peut être réduite au seul mouvement rebelle AFC/M23. Il appelle à une approche plus large et à un dialogue qu’il veut « sérieux » pour traiter les causes profondes de l’instabilité.
En marge de sa tournée, l’opposant a également eu un tête-à-tête avec Johan Borgstam, représentant spécial de l’Union européenne pour la région des Grands Lacs.
Selon le communiqué publié à l’issue de cette rencontre, Kabund a insisté sur « le retrait immédiat des troupes rwandaises » qu’il considère comme « un préalable indispensable à toute perspective sérieuse de paix ». Il a également défendu la nécessité d’un dialogue inclusif en RDC, capable de rassembler majorité, opposition et forces vives autour d’un agenda national.
Cette séquence diplomatique intervient dans un contexte où la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en février 2025, exigeait le retrait de l’armée rwandaise du sol congolais. Un an plus tard, la situation sécuritaire demeure fragile dans plusieurs territoires de l’Est.
Le retour de Jean-Marc Kabund à Kinshasa s’inscrit dans un climat politique marqué par les débats autour d’un éventuel dialogue national et par la persistance de l’insécurité à l’Est.
À travers cette tournée européenne, l’opposant semble vouloir repositionner son discours à la fois sur le plan international et sur l’échiquier politique interne, en articulant souveraineté nationale, réforme sécuritaire et dialogue inclusif.
Yvette Ditshima






