Le Réseau des Journalistes pour la Santé Sexuelle et Reproductive (RJSRR) a organisé, ce samedi, une conférence avec les étudiants en sciences de l’information et de la communication de l’Université Pédagogique de Kinshasa (UPN), pour discuter des droits en santé sexuelle et reproductive, avec un accent particulier sur les avortements.
L’événement placé sous le thème « Droits en Santé Sexuelle et Reproductive : S’informer et Agir », visait à sensibiliser les futurs journalistes à des problématiques cruciales mais souvent taboues qui concernent la santé des jeunes et de la population.
Bibiche Mbete, coordonnatrice du RJSRR, a rappelé les progrès de la RDC dans ce domaine, en mentionnant la signature de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relative aux droits des femmes en Afrique, qui, dans son article 14, aborde le droit à l’avortement sous certains critères, comme en cas d’inceste. Elle a souligné l’importance d’éduquer les étudiants en communication, car en tant que futurs journalistes, ils auront un rôle essentiel dans la diffusion d’informations fiables.
« Beaucoup de jeunes avortent encore aujourd’hui parce qu’ils n’ont pas d’information en matière de contraception et d’options d’avortement sécurisées », a-t-elle déclaré, insistant sur l’importance d’agir grâce à une information éclairée pour réduire la mortalité maternelle liée aux avortements clandestins.
Dr Delphin Katshelewa, acteur communautaire en santé sexuelle et reproductive, a également insisté sur la nécessité de transmettre des connaissances précises, notamment à propos du Protocole de Maputo, pour lutter contre les fausses informations et prévenir les avortements non sécurisés.
« Aujourd’hui, les fake news sur la santé sexuelle et reproductive entraînent des dégradations morales et des violations de droits ; discuter avec ces étudiants est une opportunité pour transmettre des connaissances fiables », a-t-il expliqué.
De son côté, Fabrice Akalu Kange, communicologue et Chef de Travaux à l’UNISIC, a encouragé les futurs journalistes à se spécialiser dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive, souvent négligé au profit de la politique et de l’économie, et pourtant essentiel pour les communautés.
Abraham Livuna, étudiant en première année LMD , a exprimé son enthousiasme pour les interventions et promet d’appliquer ces connaissances au service de sa communauté.
Soutenue par MSI-RDC, cette initiative prévoit de continuer avec des sessions similaires à l’Université de Kinshasa (UNIKIN) et à l’Université Kongo, dans l’objectif de former des journalistes capables de promouvoir les droits en santé sexuelle et reproductive et d’influencer positivement les comportements sociaux.
Yvette Ditshima