L’organisation panafricaine Speak Up Africa a officiellement lancé, ce samedi à Kinshasa, le programme de mentorat « Voix EssentiELLES / Leadership des femmes contre le paludisme », une initiative visant à renforcer le leadership féminin dans la lutte contre le paludisme en République démocratique du Congo.
Dans son mot d’ouverture, le président de la Commission paludisme à l’Assemblée nationale, Dieudonné Mposhi, a fait savoir que la RDC demeure l’un des pays les plus touchés par le paludisme dans le monde. Selon les données présentées lors de cette activité, le pays représente près de 12,6 % des cas mondiaux et 11,3 % des décès liés à cette maladie.
« En 2022, nous avons enregistré plus de 27 millions de cas et près de 25 000 décès, faisant du paludisme la première cause de morbidité et de mortalité dans notre pays », a déclaré le député national.
L’élu a également souligné que les femmes sont particulièrement touchées pendant la grossesse, « mais elles restent souvent exclues des processus décisionnels », précisant que seulement 37 % des femmes mariées participent aux décisions concernant leur santé, « ce qui limite l’efficacité de nos interventions ».
Ce programme s’inscrit dans le cadre du projet Voix « EssentiELLES » Leadership des femmes contre le paludisme, mis en œuvre par Speak Up Africa avec l’appui du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Selon Dr Astou Fall, l’initiative vise à former et accompagner des femmes issues notamment d’organisations communautaires afin qu’elles puissent jouer un rôle plus actif dans la gouvernance sanitaire.
« Nous lançons ce programme de mentorat pour promouvoir le leadership féminin et renforcer la représentativité des femmes dans les instances politiques et sanitaires, particulièrement dans la lutte contre le paludisme », a indiqué la directrice des programmes à Speak Up Africa.
Le projet prévoit notamment des sessions de formation sur la prise de parole en public, la communication stratégique et le plaidoyer, ainsi que des échanges avec des femmes leaders issues de différents secteurs tels que la politique, l’entrepreneuriat et les médias. Pour Maria Mputu, représentante d’une organisation de la société civile et secrétaire du projet VE Palu, ce programme constitue une opportunité pour renforcer l’implication des femmes dans la lutte contre cette maladie.
« Cette initiative aide les femmes à développer leur leadership et leurs compétences, mais l’objectif ultime reste la lutte contre le paludisme en RDC », a-t-elle expliqué.
Le programme cible notamment des organisations de la société civile dirigées par des femmes dans la ville de Kinshasa, qui seront chargées de mettre en œuvre les actions du projet au sein des communautés. À terme, l’initiative pourrait également être étendue à d’autres provinces.
Le projet « Voix EssentiELLES » est mis en œuvre dans trois pays africains : la RDC, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, avec l’ambition de positionner les femmes comme des actrices centrales dans la gouvernance sanitaire et la lutte contre le paludisme.
Yvette Ditshima






