Dans sa mission pour la réduction du taux de mortalité maternelle et néonatale en RDC, le Fonds des Nations-Unies pour la population (UNFPA) encourage la reconversion des infirmiers en sage-femmes afin de pallier « l’insuffisance de la qualité des soins [de maternité ]dans les établissements sanitaires ».
Mardi, une sage-femme nouvellement reconvertie a effectué sa simulation après 18 mois de formation à l’Institut supérieur des techniques médicales (ISTM/Kinshasa).
Venue de Yete, dans le territoire de Djolu, province de la Tshuapa, Gerda Botayi s’est montrée très enthousiaste après ce baptême du feu.
« J’étais infirmière à Yete et j’ai désiré faire le métier de sage-femme pour aider ma communauté suite aux multiples décès enregistrés dans notre zone de santé à Yete lors des accouchements », a-t-elle expliqué à l’issue de sa simulation.
A Yete comme dans plusieurs autres zones de santé de la RDC, les sage-femmes sont une denrée rare. « Il n’y a pas de sage-femme mais seulement des accoucheuses », a déploré Gerda Botayi. Ces accoucheuses, non qualifiées pour la plupart, semblent être impuissantes face aux multiples cas de décès maternels dans ce coin de la RDC.
Pour Gerda Botayi, acquérir ces nouvelles compétences est une manière de servir sa communauté. Elle a notamment salué l’apport de l’UNFPA pour sa formation.
Désormais, la nouvelle sage-femme s’est dit capable de « prévenir l’hémorragie qui peut survenir après l’accouchement ».
Elle peut dorénavant « garder la femme en observation pour suivre l’évolution de son état ». Des pratiques simples mais inconnues dans sa zone de santé.
« Le manque de sage-femmes qualifiées nous a fait croire que ces décès [maternels] étaient dus à la sorcellerie mais après la formation, j’ai compris les véritables causes », a-t-elle pour-suivi.
Alexis Nzee, directeur des services académiques à l’ISTM/Kinshasa et point focal du partenariat UNFPA-ESU, a pour sa part rappelé l’importance de la filière reconversion des infirmiers en sages-femmes.
« Ce programme de reconversion nous a permis d’avoir rapidement les sages-femmes compétentes qui, après avoir terminé leur programme de 90 crédits, auront les mêmes diplômes que ceux qui ont suivi les trois années directes. Cette expérience a en peu de temps permis de résoudre la carence des sages-femmes », a-t-il souligné.
Actuellement, 11 provinces assurent la formation de la filière reconversion des infirmiers en sages-femmes. À Kinshasa, cette formation est donnée à l’ISTM (Institut supérieur des techniques médicales).
En RDC, les taux de mortalité maternelle et néonatale sont estimés respectivement à 547 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes et 28 pour 1000 naissances vivantes.
Yvette Ditshima