De retour d’une mission humanitaire effectuée au Burundi et en Tanzanie, la ministre d’État en charge des Affaires sociales, de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale, Ève Bazaiba, a dressé un tableau sombre de la situation des réfugiés congolais vivant dans ces deux pays.
Lors d’un briefing spécial presse tenu samedi à Kinshasa, conjointement avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, la patronne des Affaires sociales a fait part de la détresse profonde observée dans les camps qui accueillent des Congolais ayant fui les violences dans l’Est de la République démocratique du Congo.
« Lorsque nous sommes arrivés au Burundi, c’était un moment de beaucoup d’émotions parce qu’au-delà de leurs conditions, les Congolais vivent au rythme de la République démocratique du Congo », a déclaré Ève Bazaiba.
Au Burundi, environ 250 000 réfugiés congolais sont répartis sur sept sites, dont le plus important est celui de Busuma qui, à lui seul, accueille près de 67 000 personnes, majoritairement des enfants de moins de 18 ans.
En Tanzanie, plus de 60 000 Congolais sont enregistrés comme réfugiés, parmi lesquels plus de 50 000 enfants âgés de 0 à moins de 18 ans. À l’arrivée de la délégation congolaise, 28 naissances avaient été enregistrées dans les camps.
Ève Bazaiba a parlé d’une véritable « tragédie humaine » et d’une « situation de grande désolation », soulignant que ces Congolais ont fui leur pays non pas à cause de la famine, mais « à la suite de l’agression rwandaise ».
Sur le plan sanitaire, la ministre a fait état de 198 cas de choléra, 28 cas de rougeole, de nombreuses femmes victimes de violences sexuelles ainsi que des personnes atteintes de maladies chroniques. Ces dernières sont prises en charge avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Yvette Ditshima






