Depuis vendredi, les États-Unis ont négocié une « trêve humanitaire » de deux semaines entre les parties au conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo afin « de permettre le retour volontaire des personnes déplacées et le libre accès des humanitaires aux populations vulnérables ».
A Kinshasa, la démarche de « bons offices » a été appréciée mais jugée insuffisante par le gouvernement.
Au cours du premier briefing de presse du gouvernement Suminwa, la ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba s’est félicitée de cette démarche qui « offre un répit » aux populations congolaises, tout en exigeant plus des États-Unis, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations-Unies.
« Nous attendons plus des États-Unis. Les bons offices sont très importants mais il y a d’autres leviers que nous attendons que les États-Unis activent », a-t-elle poursuivi.
Pour Kinshasa, Washington devrait, dans sa position de force, prendre des « sanctions ciblées » contre le régime en place à Kigali, notamment des sanctions politiques, économiques ou encore des « prises de parole plus robustes ».
Selon le n°1 de la diplomatie congolaise, cette voie restrictive contre le Rwanda pourrait « créer des conditions propices à un dialogue plus sincère ».
Aussi, Kayikwamba a déploré la « communication hâtive » du Rwanda au sujet de la situation de la guerre dans l’’Est. Dans un tweet le weekend dernier, son homologue rwandais s’était félicité d’un « dialogue franc et sincère » entre les deux pays à Zanzibar. « Faux », rétorque la Mme Kayikwamba qui a rappelée qu’il s’agissait plutôt d’une retraite ministérielle de l’EAC.
A l’heure actuelle, Kinshasa semble camper sur sa position de considérer le processus de Luanda comme seul instrument de sortie de crise.
Yvette Ditshima