L’ONG congolaise Justicia ASBL appelle le président Félix Tshisekedi à diligenter une enquête indépendante visant le Conseil national de cyberdéfense (CNC), à la suite de signalements croissants de disparitions forcées à Kinshasa et dans ses environs.
Dans un communiqué rendu public mercredi, l’organisation indique avoir pris connaissance d’un rapport de Human Rights Watch faisant état d’une hausse marquée des cas de disparitions forcées dans la capitale congolaise.
Selon Justicia ASBL, ces révélations confirment les inquiétudes qu’elle avait déjà exprimées au sujet des activités du Conseil national de cyberdéfense. L’ONG estime que ce service, placé sous l’autorité du chef de l’État, ne dispose d’aucune base légale pour procéder à des enlèvements ni pour détenir des citoyens dans des lieux de détention non officiels.
Son président, Me Timothée Mbuya, dénonce des pratiques qui s’apparenteraient, selon lui, à des arrestations clandestines visant notamment des opposants politiques, des journalistes et des défenseurs des droits humains.
L’organisation se dit d’autant plus préoccupée que ces faits présumés interviendraient dans un climat politique déjà tendu, notamment autour d’un projet supposé de révision constitutionnelle. Pour Justicia ASBL, les dénonciations formulées par plusieurs organisations, parmi lesquelles l’Association africaine de défense des droits de l’homme ainsi que Human Rights Watch, renforcent la nécessité de faire toute la lumière sur ces accusations.
Dans ce contexte, l’ONG demande au chef de l’État d’ordonner une enquête indépendante afin d’identifier les responsabilités et de garantir le respect des droits fondamentaux. Elle réclame également la libération immédiate et sans condition de toutes les personnes qu’elle affirme avoir été enlevées et détenues de manière injustifiée par le Conseil national de cyberdéfense, ainsi que la poursuite en justice des auteurs présumés.
Enfin, Justicia ASBL avertit que si aucune mesure n’est prise au niveau national, elle pourrait saisir le Conseil des droits de l’homme des Nations unies et appeler certains partenaires internationaux, notamment l’Union européenne, les États-Unis et le Canada, à envisager des sanctions ciblées contre les responsables présumés de ces violations.
Giscard Havril Mane






