La Cour militaire de Kinshasa a ouvert, vendredi, le procès de six agents de la Police nationale congolaise (PNC), accusés d’être impliqués dans la mort du brigadier de 1ère classe Kabeya Senda Fiston, survenue le 31 mars dernier à la suite d’un affrontement avec des membres de l’escorte de la Première ministre, Judith Suminwa.
Parmi les prévenus figurent notamment le chef d’escorte de l’équipe B attachée à la Primature, ainsi que deux commissaires supérieurs adjoints, deux sous-commissaires, un brigadier en chef et un agent de police. Ils sont poursuivis pour homicide volontaire et violation des consignes.
Lors de l’audience inaugurale, la Cour a procédé à l’identification des accusés. L’objectif est désormais de déterminer les responsabilités individuelles dans ce drame, survenu alors que, selon plusieurs sources, le brigadier Kabeya aurait tenté d’interpeller le cortège officiel pour une infraction au code de la route.
La mort brutale du brigadier a suscité une vive émotion en République démocratique du Congo. Des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux dont l’une montre un collègue du défunt dénonçant une « exécution » pour avoir simplement accompli son devoir ont profondément choqué l’opinion publique.
Des voix s’élèvent pour exiger la vérité et la justice. Me Carlos Mupili, défenseur des droits humains, a récemment appelé à un procès équitable et transparent afin d’élucider les circonstances exactes de ce décès tragique.
Ce procès ravive également les critiques récurrentes sur les abus liés aux cortèges officiels et l’impunité présumée de certains membres des forces de l’ordre à Kinshasa. La partie civile, soutenue par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, réclame que toute la lumière soit faite sur le rôle précis joué par chacun des prévenus dans cette agression fatale.
Giscard Havril Mane