Alors que le Qatar salue l’annonce du retrait de l’AFC/M23 de Walikale-centre, la réalité sur le terrain semble contredire cette déclaration. Ce lundi, un aéronef bimoteur blanc, attribué aux rebelles soutenus par le Rwanda, a atterri à l’aérodrome de Kigoma, au centre de Walikale, dans la province du Nord-Kivu.
Dans un communiqué officiel, le gouvernement qatari a estimé que l’annonce du M23 constitue « une étape positive et importante vers la stabilité et la paix dans la région ».
Cependant, des sources locales rapportent que cet atterrissage marque la troisième rotation aérienne effectuée par l’AFC/M23 depuis son occupation de Walikale-centre.
« L’avion est reparti », confirment ces mêmes sources.
Vendredi dernier, lors du premier atterrissage d’un appareil rebelle à Walikale, l’armée congolaise avait mené des frappes aériennes et déployé des drones d’attaque contre les positions ennemies, endommageant partiellement la piste d’atterrissage.
« Toute la piste n’a pas été détruite », nuance une autre source.
L’origine de cet avion reste inconnue. Avec Walikale, l’AFC/M23 contrôle désormais trois infrastructures aéroportuaires stratégiques dans l’Est de la RDC, après les aéroports de Goma et de Kavumu (Bukavu). L’aérodrome de Minembwe, au Sud-Kivu, est quant à lui sous le contrôle de la milice Twirweheho, alliée des rebelles.
Réagissant à la situation, Lawrence Kanyuka, porte-parole du M23/AFC, a accusé les FARDC et leurs alliés de ne pas respecter le cessez-le-feu.
« Contrairement à ce qui avait été indiqué dans le communiqué du dimanche 23 mars 2025, les FARDC et leurs forces coalisées n’ont pas retiré leurs drones d’attaque de Walikale. Cette situation retarde le repositionnement des forces de l’AFC/M23 dans la zone. Il convient de souligner que cet acte constitue un obstacle majeur au respect du cessez-le-feu et compromet ainsi les initiatives de paix en cours », a-t-il déclaré sur X (anciennement Twitter).
De nombreux analystes considèrent ces mouvements aériens comme une nouvelle violation du cessez-le-feu par le Rwanda et ses supplétifs de l’AFC/M23, mettant en péril les efforts en cours pour une résolution pacifique du conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Giscard Havril Mane