Avec le retour de l’administration Trump à la tête des États-Unis, une large opinion souhaite que des entreprises américaines s’installent dans l’est du pays pour y exploiter ses ressources minières très convoitées.
« Le président du Congo vient d’offrir aux États-Unis une participation dans les minéraux du Congo pour tenter d’inciter le président Trump à mettre fin à la guerre soutenue par le Rwanda … ». A cette affirmation, du reste éronnée, de l’acteur politique americain, Derrick Evans, le 22 février, la porte-parole du président Félix Tshisekedi avait apporté une mise au point :
« Le président invite les USA, dont les entreprises s’approvisionnent en matières premières stratégiques au Rwanda, matières pillées en RDC et introduites en contrebande au Rwanda pendant que nos populations sont massacrées, à les acheter directement à nous, les propriétaires légitimes. »
Lors d’une récente interview accordée au média américain, Felix Tshisekedi avait invité les États-Unis et l’Europe à participer directement aux bénéfices du secteur minier congolais. Cet appel est présenté par ses détracteurs comme une tentative de bradage des ressources en échange de la sécurité. « En réalité, c’est une invitation solennelle faite à tous ceux qui ont, pendant des années, préféré d’entrer par la fenêtre pour s’approvisionner, alors qu’ils ont la possibilité d’entrer par la grande porte », explique un expert du secteur minier.
En effet, derrière l’activisme militaire du Rwanda, il est connu de tous que se cachent les multinationales dont les entreprises américaines.
En décembre dernier, le gouvernement congolais avait d’ailleurs déposé des plaintes devant les tribunaux français et belge, contre les filiales locales d’Apple. Kinshasa accuse ce géant américain de la technologie qui produit notamment des téléphones IPhone et des ordinateurs, de s’approvisionner en minerais issus du pillage du Rwanda sur le territoire congolais. Il s’agit des 3T (tantale, tangustène, étain), essentiels pour la fabrication des composantes électroniques.
Si la justice française a annoncé le 27 fevrier avoir classé sans suite ce dossier, le gouvernement congolais, via ses avocats, dit qu’il fera appel de cette décision.
« Devant l’évidence de « minerais de conflit », l’arrivée officielle des entreprises américaines ou encore européennes dans la région fermera automatiquement la porte à la contrebande. On parlerait uniquement des affaires à la place de la guerre. Ce qui ne peut être que souhait de tout dirigeant du monde », poursuit notre expert.
Dans une interview à Jeune Afrique, l’ancien Premier ministre, Adolphe Muzito, salue cette posture du président Tshisekedi qui, dit-il, va dépouiller le Rwanda de sa « positive actuelle de courtier ».
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