Dans une conférence de presse tenue ce jeudi à son siège à Kinshasa, la Voix des sans voix pour les droits de l’homme (VSV) s’est indignée des méthodes utilisées par le Conseil national cyberdefense (CNC) dans ses opérations d’interpellations et d’arrestations.
Rostin Manketa, directeur exécutif de la VSV, a dénoncé des actes frisant des « enlèvements », en violation de la Constitution ainsi que des normes internationales reconnues.
« Il est inadmissible que des personnes soient interpellées dans des conditions inhumaines, les yeux bandés parfois, et gardées en détention pendant plusieurs jours, voire des mois, sans qu’elles soient assistées par leurs avocats et présentées devant leur juge compétent », a-t-il déclaré devant la presse.
Et d’ajouter:
« Les autorités congolaises doivent savoir que, dans certaines familles des personnes interpellées, des épouses et des enfants vivent une sorte de traumatisme et de torture psychologique suite à des interpellations opérées très tard la nuit ou en pleine nuit, vers 1h, 2h ou 3h du matin, sans mandat, sans que les personnes qui interpellent ne s’identifient, ne présentent un mandat, ni ne communiquent la destination où l’on conduit la personne interpellée, faisant ainsi pleurer jour et nuit de nombreuses familles, ne sachant à quel saint se vouer ».
Parmi des personnes récemment interpellées par le CNC, Aubin Minaku, ancien président de l’Assemblée nationale et vice-président du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). Mais aussi bien avant Emmanuel Shadary, secrétaire permanent du parti de Joseph Kabila.
« Rien ne justifie leur interpellation en pleine nuit pour certaines, ni leur arrestation après divers subterfuges », martèle Rosine Manketa.
La VSV invite le CNC à mettre fin à ces méthodes et à présenter un mandat judiciaire à la personne incriminée avant son arrestation ou son interpellation. Mais aussi, à respecter le délai constitutionnel de la garde à vue, qui est de 48 heures.
Le CNC est une institution sous tutelle de la présidence de la République instituée par ordonnance en août 2023, avec « pour principale mission la coordination de tous les services ayant un objet en rapport avec la cyberdéfense et le cyber-renseignement ».
Jevic Ebondo






