Sept mois après l’arrestation d’Eric Nkuba Shibantu, cofondateur de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC), les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont présenté vendredi trois individus accusés d’être des collaborateurs de ce mouvement rebelle dirigé par Corneille Nangaa.
Il s’agit de Françoise Munyarugerero, commissaire supérieure de la police nationale congolaise (PNC) à Goma, Rwakagara Emmanuel, un opérateur économique, et Lenga Pacom, directeur général de la Regideso dans le Haut-Katanga.
Les enquêtes préliminaires menées par l’armée ont révélé que Munyarugerero aurait commis des actes contraires à la discipline, notamment en transférant des documents sensibles à Emmanuel Nzongize, un civil, via WhatsApp.
Ce dernier, détenteur de deux passeports, l’un congolais et l’autre rwandais, est également accusé d’avoir incité Munyarugerero à violer la discipline. Munyarugerero avait déjà été interpellée précédemment à Goma pour la détention de documents compromettants.
« Emmanuel Rwakagara est membre de l’AFC et a activement soutenu ses activités. Une analyse de son téléphone a révélé des messages compromettants. Il est également accusé de financer l’association ISOKO, une mutualité tutsie en RDC, dont certains jeunes bénéficiaires de bourses d’études auraient rejoint le groupe armé M23-ARCFDF », a déclaré le Général Ekenge.
Lenga Pacom, pour sa part, aurait échangé des messages de soutien moral à l’AFC et à Corneille Nangaa.
D’après les FARDC, les trois suspects planifiaient l’implantation de l’AFC dans le Katanga, notamment par le recrutement de nouveaux membres et la mobilisation de ressources.
Les autorités militaires congolaises dénoncent les actions subversives du Rwanda, qu’elles accusent de soutenir des réseaux internes et externes visant à déstabiliser la RDC. Elles mettent en garde contre toute tentative de déstabilisation des institutions légalement établies.
Fidèle Kitsa