En ce 29 novembre, Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, je prends publiquement la parole pour rappeler une vérité essentielle : l’injustice, où qu’elle se trouve, doit être dénoncée par tous ceux qui la subissent.
En tant que Congolais vivant dans un pays envahi, morcelé, occupé et humilié par son voisin, je ne peux rester silencieux face au drame palestinien.
Je me souviens encore de la célèbre phrase prononcée par le président Mobutu Sese Seko en octobre 1973 :
« Entre un ami et un frère, le choix est clair. »
Elle était issue de son discours lorsque le Zaïre rompit ses relations diplomatiques avec Israël, en pleine guerre du Kippour, pour s’aligner sur la position de ses frères arabes.
Même si notre pays fut le premier à renouer avec Tel-Aviv en 1982, nous avions montré au monde qu’Israël n’était pas un pays au-dessus de tout, intouchable et infaillible.
Mais certains Zaïrois ont tenté, plus tard, de transformer cette rupture diplomatique en source de malédiction soi-disant tombée sur le pays. Ils en ont même fait un fonds de commerce évangélique, fabriquant des témoignages fantaisistes pour manipuler les esprits.
L’histoire, elle, ne se raconte pas au marché noir.
Aujourd’hui, la RDC devrait soutenir sans ambiguïté le peuple palestinien, comme l’a fait l’Afrique du Sud
Car nous aussi vivons l’occupation, nous aussi subissons l’agression, nous aussi connaissons les crimes commis sur nos terres par un voisin qui se croit tout permis.
« Comment un petit pays comme le Rwanda peut-il vous envahir ? »
Voilà ce que beaucoup osent nous dire pour se moquer de nous.
Je leur réponds toujours par l’histoire : le Japon, pays bien plus petit que la Chine, a occupé militairement une partie de ce grand pays pendant des années.
• 1931-1945 : invasion et occupation de la Mandchourie, création du Mandchoukouo.
• 1937-1945 : invasion généralisée de la Chine, début de la Seconde Guerre sino-japonaise.
L’occupation japonaise proprement dite a duré 14 ans.
Voilà pourquoi je ne comprends pas le silence de la RDC face à Israël, qui occupe illégalement la Palestine et foule aux pieds des dizaines de résolutions des Nations Unies.
L’Afrique du Sud montre la voie
Je salue le courage moral et politique de l’Afrique du Sud, qui a porté plainte contre Israël devant la Cour internationale de justice pour violation de la Convention sur le génocide.
Cette démarche est cohérente avec son histoire, sa mémoire et son combat contre l’apartheid.
Pendant que l’Afrique du Sud agit, la RDC réclame la reconnaissance du génocide congolais, mais demeure étrangement muette face au génocide en Palestine.
La RDC dénonce l’occupation rwandaise, mais ne condamne pas l’occupation israélienne.
Cette contradiction affaiblit notre crédibilité internationale.
La seule voix claire : Sa Majesté le prophète Joseph Mukungubila Mutombo
L’un des rares leaders congolais à ne pas avoir tremblé face à la question israélienne est Sa Majesté Joseph Mukungubila.
Le 16 avril 2024, à l’ambassade de la RDC en Afrique du Sud, à Pretoria, au micro de la journaliste de la RTGA Mme Kharyn Ilunga, il déclarait :
« La RDC, c’est le seul pays que Dieu ait choisi après Israël pour pouvoir aider le monde entier.
Je ne peux même pas aller très loin, vous voyez la façon dont ils se comportent, ceux que l’on croyait être les enfants de Dieu, c’est-à-dire Israël.
C’est par Israël que l’Éternel Dieu a commencé à travailler pour les bénir, afin de les orienter vers la bénédiction pour eux et peut-être pour d’autres nations. Mais aujourd’hui, je crois que vous entendez comment le monde est en train de décrier le comportement d’Israël. Comme pour me donner raison, moi j’avais dit : l’Éternel Dieu, de par Jésus, avait dit que vous ne me verrez plus jusqu’au moment où vous serez dans l’obligation de dire : “Béni soit celui qui vient au nom de l’Éternel.” Donc, quand Il disait cela, Il avait dit : Israël, vous avez déçu ; Dieu va choisir maintenant une autre nation qui, à son tour, va produire les fruits qu’il faut. Donc Israël a pu décevoir le Créateur et c’est le tour de nous, les Congolais, malheureusement combattus aujourd’hui par toute la planète. »
Voilà la position courageuse, digne et prophétique que la RDC devrait assumer face à Israël, pays occupant comme le Rwanda l’est chez nous.
Que dire alors de la visite du président Isaac Herzog à Kinshasa ?
Les 11 et 12 novembre 2025, le président israélien Isaac Herzog a foulé notre sol : première visite d’un chef d’État israélien en RDC depuis quarante ans.
Qu’a déclaré le président Félix Tshisekedi ?
Qu’a-t-il dit à Israël au nom de la justice, du droit international, de la solidarité avec les peuples opprimés ?
Le silence assourdissant de Kinshasa pose question.
Si la RDC n’ose pas dire à Israël ce qu’il fait subir aux Palestiniens, alors à quoi sert de dénoncer ce que le Rwanda nous fait ?
Même les enfants réclament la paix
Il existe aujourd’hui une chanson générée par l’intelligence artificielle, intitulée « On veut la paix », chantée par des enfants de Gaza, de la RDC et d’autres pays meurtris.
Ce message, innocent mais puissant, devrait secouer les institutions internationales qui prétendent défendre la justice.
Conclusion
Israël doit sûrement se poser cette question : comment la carte géographique de la RDC se retrouve sur le pavé d’une synagogue de Capernaüm ?
Dieu montre à tout le monde que sa maison, c’est la RDC et non plus Israël.
Le peuple palestinien a droit d’avoir son propre pays et ses propres frontières comme tous les autres pays du monde.
Je suis contre le plan de paix de Trump que je trouve comme une potentielle nouvelle occupation de la Palestine, car comment ce plan a-t-il été construit sans la participation des Palestiniens ?
Par Mingiedi Mbala N’zeteke Charlie Jephthé
Activiste, Penseur et Notable de Madimba






