La situation des réfugiés congolais au Burundi atteint un seuil alarmant. Selon un rapport publié mercredi par la Convention pour le respect des droits humains (CRDH), plus de 12 500 Congolais vivent actuellement dans des camps et sites d’accueil burundais dans des conditions qualifiées d’inhumaines et indignes.
Le document fait état d’au moins 120 décès documentés, pour la plupart évitables, dus notamment au paludisme, à la malnutrition, au choléra et à l’absence quasi totale de soins médicaux. Pour Jean-Paul Paluku Ngahangondi, président de la CRDH, il ne s’agit pas de simples dommages collatéraux, mais bien de violations graves des droits humains.
Au camp de Ruyigi/Bweru, la situation nutritionnelle est particulièrement dramatique. Les témoignages recueillis indiquent que 55 % des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition sévère. Cette crise est aggravée par un contexte sécuritaire extrêmement préoccupant, marqué par des attaques armées répétées contre les réfugiés, notamment lors des collectes de bois de chauffage.
Des groupes armés locaux, utilisant flèches parfois empoisonnées, machettes et autres armes blanches, seraient à l’origine de violences ayant causé des blessures graves. La CRDH recense 60 cas sans aucune prise en charge médicale et au moins 30 décès confirmés dans ce seul camp.
Au camp de Ngozi, les réfugiés font face à une absence totale de système de santé. Aucune prise en charge sanitaire n’y est assurée, ni pour les urgences, ni pour les maladies chroniques, ni pour les complications liées à la grossesse. Vingt-cinq décès y ont été documentés. Le désespoir pousse certains réfugiés à tenter un retour clandestin vers la RDC en traversant la rivière Ruzizi.
Ces tentatives périlleuses ont déjà entraîné la mort confirmée de quinze personnes par noyade, illustrant l’ampleur du désespoir et la gravité de la crise humanitaire.
Dans le site urbain de Bujumbura, les réfugiés dénoncent un climat d’insécurité permanent. Les témoignages font état d’agressions sexuelles, de violences ciblées et de pratiques d’exploitation, touchant particulièrement les femmes, les enfants et les jeunes filles. L’absence quasi totale d’assistance juridique et policière laisse les victimes sans protection ni recours effectif, renforçant un sentiment d’abandon et d’impunité.
Face à cette situation, la CRDH appelle à une intervention humanitaire et sécuritaire urgente afin de protéger les réfugiés congolais et de restaurer leur dignité.
Depuis la reprise des violences liées au groupe rebelle AFC/M23, soutenu par l’armée rwandaise dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, de nombreux Congolais ont traversé la frontière pour se réfugier au Burundi, où les conditions de vie demeurent extrêmement précaires.
Giscard Havril Mane






