Ce lundi, au cours d’une conférence de presse organisée à son siège à Kinshasa, La Voix des sans-voix pour les droits de l’Homme (VSV) a demandé aux autorités congolaises de respecter les droits de la population à accéder à l’eau potable et à l’électricité. Pour cette ONG, « la quête d’eau potable est devenue le lot quotidien des résidents de plusieurs quartiers des communes de Kinshasa, obligés de se déplacer avec des récipients vides pour acheter l’eau des forages en pleine capitale. »
Par ailleurs, la VSV constate que les habitants de certains quartiers et de certaines communes de Kinshasa n’accèdent à l’électricité que durant quelques heures de la nuit ou de la journée. D’autres sont totalement privés de cette source d’énergie.
Face à cette situation, la VSV dénonce « l’envoi, à la fin du mois, de factures à des clients qui n’ont rien consommé le mois, voire des mois, ainsi que l’obligation de payer de l’eau ou de l’électricité non consommée sous divers prétextes ».
Pierre Serge Ntumba, directeur exécutif adjoint de la VSV, évoque également des intimidations, notamment des menaces de déconnexion, de déterrement des tuyaux et des câbles. « Tout cela, pour contraindre une population démunie à payer ce qu’elle n’a pas consommé », a-t-il deploré.
La VSV fait également remarquer que, dans plusieurs quartiers de la ville de Kinshasa, la REGIDESO et la SNEL, avec leurs agents zélés déployés sur le terrain, se rabattent trop sur la population pour fonctionner, alors que le plus insolvable reste l’État congolais.
La VSV s’est appuyé sur un constat effectué sur le terrain, dans la commune de Mont-Ngafula, au quartier Masanga Mbila, avenue Tshilenge où des habitants ont fait plus de cinq ans sans eau. Au quartier Mazamba, toujours dans la même commune, la population est dépourvue d’eau potable depuis plusieurs mois.
À cela s’ajoutent les résidents de la commune de Kasa-Vubu, singulièrement ceux des avenues Lisala, Gemena, Bosobolo… Au quartier Anciens Combattants, ils ne sont pas du tout épargnés par cette carence qui les prive d’eau potable et rend leur quotidien intenable depuis le début de l’année 2026 en cours. Pour l’électricité, c’est le cas de la commune de Makala, où de nombreux quartiers, dont Bagata, Kisantu, Uele, Mfidi, Lemba-Village et Makasi, demeurent dans le noir depuis de longs mois.
Jevic Ebondo






