L’îlot d’Ishovu, niché sur les eaux du lac Kivu, dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, est devenu le théâtre d’une crise humanitaire d’une rare gravité.
Depuis l’intensification des combats entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles du M23, plus de 8 000 personnes ont trouvé refuge dans cette zone, fuyant les violences qui ravagent Goma, dans le Nord-Kivu, ainsi que plusieurs localités du Sud-Kivu, notamment Minova, Muhongoza, Nyabibwe, Lushebere, Cibanda et Ihusi.
Sur place, les conditions de vie frôlent l’insoutenable. Entassés dans des églises, des écoles ou hébergés par des familles déjà fragilisées par la pauvreté, ces déplacés manquent de tout : eau potable, nourriture, soins de santé.
« Ces populations sont dans une détresse indescriptible. Elles n’ont ni accès à l’eau, ni à la nourriture, encore moins aux médicaments. Même les familles d’accueil se retrouvent au bord de l’épuisement, car elles partagent le peu qu’elles ont », alerte Jean Paul Baleke, secrétaire du comité humanitaire de base à Kalehe, joint ce jeudi.
Face aux tensions croissantes et pour des raisons de sécurité, les autorités locales d’Ishovu ont instauré un couvre-feu implicite en limitant les mouvements sur l’île entre 6h30 et 15h30. Une mesure qui, bien qu’elle vise à prévenir d’éventuelles infiltrations, complique davantage le quotidien de ces déplacés en quête de survie.
L’identification des nouveaux arrivants se poursuit, mais les moyens manquent cruellement pour faire face à l’ampleur des besoins. L’aide humanitaire se fait attendre, freinée par l’insécurité et les contraintes logistiques qui paralysent cette région enclavée.
La communauté humanitaire, les autorités congolaises et les partenaires internationaux sont appelés à intensifier leurs efforts pour éviter que cette crise ne vire à la catastrophe humanitaire.
Hugo Matadi