Le journaliste Stanis Bujakera a passé près de six mois à la Prison centrale de Makala, entre septembre 2023 et mars 2024. A sa sortie, le correspondant de Jeune Afrique à Kinshasa avait qualifié son séjour dans ce centre pénitentiaire d’un « long reportage » qui, même quatre mois après, n’a pas fini de livrer ses secrets.
Le weekend dernier, Bujakera a publié, sur son compte X, des vidéos effroyables montrant des conditions de détention inhumaines dans la plus grande prison de la RDC. Un reportage qui a fait tollé et a occasionné, selon les informations d’Emmanuel Adu Cole, un activiste de Droits humains, coordonnateur du Collectif des ONGDH en RDC et président de la Fondation Bill Gates pour la paix, une vaste opération militaire « pour récupérer tous les appareils téléphoniques détenus par les Prisonniers ».
« Ces militaires ont confisqué les appareils et des sommes d’argent en espèce. Ces militaires ont récupéré 3.000U dollars au pavillon 8 chez un détenu politique », ajoute Emmanuel Cole dans un communiqué de presse publié dimanche.
Dans cette prison de Kinshasa, a-t-il expliqué, les appareils téléphoniques « apportent beaucoup d’aide aux détenus pour leur survie car l’Etat Congolais ne dispose pas de moyens financiers adéquats pour nourrir et soigner plus de 15.000 personnes détenues ».
Du côté du gouvernement, l’on rejette ces allégations. Sur son compte X, le ministre de la Justice, Constant Mutamba, a affirmé que ce sont de « très vieilles vidéos » partagées par le journaliste Bujakera et relayées par de nombreux médias internationaux.
Le garde des sceaux de la RDC a rappelé le processus de désengorgement des prisons et d’amélioration des conditions de détention, initié dès son arrivée en fonction le mois dernier.
Mais, cette justification du ministre de la Justice, autorité de tutelle des prisons en RDC, a du mal à prospérer. Dans un forum WhatsApp, un journaliste a appelé Mutamba à commencer par reconnaitre l’existence du problème avant de prétendre le solutionner. Selon lui, si réellement ces images sont vieilles, « ce que la situation a empiré car il y avait moins de prisonniers qu’hier ».
Construite dans les années 50 pour 1.500 détenus, la prison de Makala abrite aujourd’hui plus de 15.000 pensionnaires.
Infos.cd