Lors des états généraux de la Justice, Edmond Isofa Kanga, procureur général de la République près le tribunal de grande instance de Kinshasa Gombe, a dénoncé les conditions précaires dans lesquelles évoluent les parquets en RDC.
Selon lui, les magistrats manquent de moyens essentiels tels que les frais de fonctionnement et les fonds secrets de recherche, ce qui rend difficile la recherche et la répression des infractions.
« Les parquets évoluent sans frais de fonctionnement ni fonds secrets de recherche. Comment voulez-vous qu’un magistrat recherche les infractions », s’est-il interrogé.
Isofa Kanga conteste l’idée que la « justice malade » soit due à la corruption ou à l’abus de pouvoir, imputant plutôt cette situation à un manque de « volonté politique ». Il a comparé la magistrature à une « armée sans arme », incapable de mener à bien sa mission sans les moyens nécessaires.
« On demande à l’armée d’aller combattre mais on ne lui donne pas les moyens de ce combat », a-t-il avancé .
Le procureur a également exprimé son inquiétude quant à la nature de ces assises, qu’il perçoit comme une série d’attaques contre les magistrats, suggérant que l’issue pourrait être déjà préconçue.
« Ne nous donnez pas l’impression comme si quelque chose était déjà boutiqué et que nous sommes venus pour accompagner », a-t-il interpelé.
Les états généraux de la Justice, qui se déroulent du 6 au 13 novembre à Kinshasa, ont pour thème « Pourquoi la justice congolaise est-elle qualifiée de malade ? Quelle thérapie face à cette maladie ? ».
Jevic Ebondo (stagiaire)