Après quatre années de mise en œuvre à Kinshasa, Lubumbashi et Bukavu, le projet Talents Pluriels de Cuso International a été officiellement clôturé. Au total, plus de 4 500 jeunes vulnérables ont été accompagnés dans les domaines de l’employabilité, de l’entrepreneuriat et de l’inclusion sociale.
La cérémonie de clôture s’est tenue jeudi, en présence des partenaires techniques et institutionnels, des entreprises, des ministères sectoriels ainsi que des bailleurs, notamment l’Ambassade du Canada en République démocratique du Congo et l’Ambassade de Suède à Kinshasa.
« Un projet qui a répondu aux besoins »
La représentante pays de Cuso International, Richine Masengo, a salué les résultats obtenus dans les trois villes ciblées.
« Quatre années, c’est bien, mais nous avons travaillé dans trois villes : Lubumbashi, Bukavu et Kinshasa. Ce sont ce genre de projets qui amènent l’approche du vivre-ensemble, de la tolérance, mais aussi la manière de transformer nos environnements en opportunités », a-t-elle déclaré.
Elle a insisté sur la nécessité d’encourager aussi les petites initiatives économiques.
« Certes, il y a les industries, mais ce sont aussi les petites activités commerciales du quotidien qui peuvent nourrir une économie, le temps que l’industrialisation prenne son essor. Pour nous, c’est vraiment un projet qui a répondu aux besoins », a-t-elle affirmé.

Parmi les bénéficiaires figure Lodie Nkanga, « Gaga Mwana Mboka », CEO de Mboka Talents, une entreprise spécialisée dans la fabrication d’allume-feu écologiques à base de copeaux de bois et de déchets de cire.
Elle explique avoir été recrutée à travers les partenaires du projet.
« Je viens de très loin, d’un milieu où les opportunités arrivent souvent par relations familiales. Mais avec le projet Talents Pluriels, nous avons été recrutés directement sur le terrain », a-t-elle témoigné.
Grâce à la formation reçue et au Fonds d’innovation, elle affirme avoir structuré son activité.
« Avant, je dépensais l’argent de l’entreprise comme s’il s’agissait de mon argent de poche. Aujourd’hui, je sais calculer les bénéfices, les entrées, les sorties et gérer l’entreprise pour éviter la faillite », a-t-elle indiqué.
Au-delà de l’aspect entrepreneurial, elle met en avant la dimension inclusive du programme.
« En tant que personne issue d’une minorité sexuelle, il m’était très difficile de me tenir devant des inconnus. Mais grâce au projet Talents Pluriels, j’ai appris à m’assumer et à reconnaître ma valeur », a-t-elle ajouté.
La mise en œuvre du projet a été confrontée à des défis sécuritaires, notamment à Bukavu.

« La ville de Bukavu est marquée par l’occupation. Nous avons eu de grands défis pour finaliser ce projet », a reconnu Richine Masengo.
Une deuxième phase est envisagée, avec une extension possible à cinq ou six nouvelles villes, sous réserve de financement.
« Certaines villes ont déjà été repérées. Mais tout dépendra de l’enveloppe budgétaire », a-t-elle précisé.
La représentante pays de Cuso International a tenu à remercier l’ensemble des partenaires communautaires, étatiques et financiers qui ont accompagné le projet durant ces quatre années.

« Nos partenaires ont été au front pour affronter l’incompréhension de certaines communautés et promouvoir des approches transparentes et inclusives », a-t-elle souligné, saluant leur engagement et leur capacité d’adaptation, notamment dans des contextes difficiles comme celui de Bukavu.
Après quatre ans, Talents Pluriels laisse ainsi un héritage axé sur l’employabilité des jeunes, la promotion de l’inclusion et le renforcement des capacités entrepreneuriales en République démocratique du Congo.
Yvette Ditshima






