Dans la capitale, la pratique est en vogue depuis quelques années maintenant : églises et écoles catholiques cèdent en location des parties de leurs parcelles aux activités commerciales.
Une boutique de vêtements pour enfants, une pharmacie, une pompe funèbre, une clinique cosmétique, une maison de vente de pièces automobiles, un super-marché… Tout, ou presque, y est devant la paroisse Saint Sacrement de Binza Delvaux, dans la commune de Ngaliema. C’est à peine qu’on voit l’entrée principale de cette église.
Ces dernières années, les Frères Jésuites qui gèrent cette paroisse ont cédé ses alentours à des commerçants. Et ils ne sont pas les premiers ni les derniers à le faire à Kinshasa.
Dans la même commune, au Lycée Notre Dame de la Providence et au Lycée Tobongisa, à Binza-Ozone, même constat : les maisons commerciales contournent ces écoles catholiques.

L’année dernière, le curé de Saint Dominique de Limete, le Père Jean de Dieu Gumete, a été révoqué, sa congrégation ( les Dominicains) dépossédée de l’animation pastorale de la paroisse par l’archevêque Ambongo, pour être allé beaucoup trop loin, en acceptant la construction d’un super-marché à côté de la grotte mariale. Le cardinal Ambongo avait fait le déplacement du lieu pour déplorer cette situation. Un conflit entre l’archidiocèse Kinshasa et la congrégation des Dominicains est né et est allé jusqu’aux instances judiciaires.
La démographie galopante dans la ville de Kinshasa qui compte aujourd’hui plus de 15 millions d’habitants estimés, vient avec sa pression immobilière.
Les catholiques qui ont hérité de grandes parcelles depuis l’époque catholiques sont très sollicités. Pour d’aucuns, ils cèdent surtout pour compenser la subvention du Saint Siège qui ne tombe plus comme auparavant. Pas sûr que cela soit à l’avantage de la méditation des fidèles et de la concentration des écoliers et élèves.
G. Bokeme et DM