A un peu plus de trois mois des élections générales, le ministre des Finances, Nicolas Kazadi, son collègue de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya et le directeur de cabinet adjoint du Chef de l’Etat chargé des questions économiques et financières, André Wameso, ont donné un avant-goût de ce que devrait être la campagne électorale.
Une campagne que beaucoup de Congolais espèrent qu’elle donnera plus place aux idées qu’à la simple diabolisation politique avec des fondements biaisés.
La polémique soulevée par le député de Bukavu, Alfred Maisha, autour de l’accord entre la RDC et Primera Gold a donné à ces trois membres de l’exécutif de faire une démonstration à la limite scientifique de la question.
L’« avocat-député » a accusé, dans une question orale qu’il a déposée à l’Assemblée nationale, le gouvernement d’avoir bradé les ressources minières de l’Etat à la société émirati et consacré un monopole dans l’exploitation de l’or dans l’est du pays.
Des accusations relayées sans vérifications aucune, dimanche par le Prix Nobel de la paix, Denis Mukwege qui a appelé des jeunes à Bukavu à sortir dans la rue.
« Envoyer des jeunes dans la rue sur base de mensonges n’est pas digne d’un prix Nobel», dit un diplomate en off.
Et pourtant, dans l’accord RDC-Primera, il n’y a ni bradage ni monopole, explique le trio Kazadi-Muyaya-Wameso.
« Jusqu’à l’année dernière, dans cette partie frontalière du Rwanda, on parlait de 26 à 27 kilos d’or produit. Primera Gold RDC est entrée en action en janvier 2023 et en à peine six à huit mois, trois tonnes ont été exportées, rien que sur le Sud-Kivu » a expliqué le ministre des Finances.
Nicolas Kazadi a rapporté que _« les trois tonnes que nous avons exportées à ce jour nous ont rapporté entre 1,5 et 1,7 millions de dollars. Dont à peu près 400.000 dollars à la douane, 79.000 dollars de taxes directes et donc, globalement, nous sommes dans une situation avantageuse parce que nous nous sommes battus pour retrouver notre souveraineté économique sur le plan douanier et sur le plan minier ».
André Wameso a surtout démontré avec regret comment une sommité comme Denis Mukwege a fait des « déclarations qui l’ont complètement discrédité ».
L’homme du « nouveau narratif », Patrick Muyaya, qui ne cesse d’appeler la classe politique à élever le débat a aussi abondé dans le même sens.
Et lorsque le député Alfred Maisha indique que le contrat Primera Gold priverait le peuple congolais de 500 millions de dollars mensuels, soit six milliards de dollars l’an, le trio Kazadi-Muyaya-Wameso était presque stupéfait d’entendre une telle « énormité ». Ces chiffres basés sur aucune évidence représente près de la moitié du budget national.
Le trio a également administré à l’« avocat-député » une leçon sur la différence entre le capital social d’une entreprise, défini pour sa création et ses parts d’investissement. Si les Émirati ont évidemment déposé un capital de 11 000 dollars sur les 20 000 dollars autorisés par la loi, ils ont pour cette première année déjà investi plus de 980 mille dollars dans le projet, rappelle Nicolas Kazadi.
En plus, souligne-t-il, ce contrat favorise la traçabilité de l’exploitation de l’or dans la région.
Le briefing de presse du lundi dernier a plus été une leçon sur les abc économiques et une démonstration magistrale, s’ il en était besoin, que le pays est géré avec responsabilité.