La situation sécuritaire qui prévaut dans l’Est de la RDC a aussi affecté les vendeurs et clients des vivres et non vivres de la ville de Goma, en cette veille de la fête du Nouvel an.
Les prix de certains produits alimentaires ont galopé sur le marché, ce qui crée une mélancolie au sein des habitants du chef-lieu du Nord-Kivu par rapport à la célébration de l’année 2025.
Par exemple, une vache qui se vendait à entre 400 et 500$ de négocie entre 1000 et 1500 $, une chèvre qui pouvait s’acheter entre 70 et 100$ de vend à 150 voire même 200$.
« Avant, nous vendions des vaches en provenance de Masisi, dans des fermes, mais aujourd’hui, les rebelles contrôlent ces zones. Il y a certains qui ont peur d’aller dans ces zones et d’autres n’ont plus de vaches car des rebelles en ont pillé certaines, d’autres ont vendu leurs vaches lorsqu’ils fuiyaient. Alors qu’est ce que nous allons vendre pour les fêtes? », a dit à Infos.cd, Innocent Bizimungu, un des éleveurs du territoire de Masisi.
De son côté, Faustin Hakiza estime que cette manque des vaches et chèvres a occasionné la hausse du prix des bovins sur le marché.
« Si vous cherchez une chèvre en ce moment et que vous n’avez pas soit 150 ou 200$, vous ne l’aurez pas. Avant, même avec 50$, on pouvait trouver une chèvre mais aujourd’hui cet argent peut vous servir à acheter peut-être une poule et aller fêter avec vos enfants », a-t-il indiqué.
Face à cette situation, l’achat des poules a augmenté sur le marché, a constaté une commerçante rencontrée au marché de Virunga.
« Je trouve que les gens achètent beaucoup de poules aujourd’hui, je ne savais pas pourquoi mais c’est lorsque je viens d’apprendre que dans des abatoirs, il n’y a pas de viande de vache et de chèvre en grande quantité, voilà pourquoi ils recourent vers nous. Mais aussi à la Noël, beaucoup de familles ont acheté nos poules », a témoigné une femme commerçante.
D’autres produits comme des pommes de terre qui venaient de Masisi, Nyiragongo et Rutshuru aussi ne sont pas en grande quantité sur le marché.
«!Nous achetons des pommes de terre en provenance du Rwanda et cela constitue un manque à gagner pour nos agriculteurs qui autrefois nous ravitaillaient en pommes de terre. Presque toutes les maisons de Goma feront des frittes pour le nouvel an, avec des pommes de terre venus d’ailleurs, cela fait que le prix soit aussi un peu élevé », a dit Faida Nathalie, vendeuse des pommes de terre
Cette réalité sur le marché à énerve plus d’un qui est parti s’approvisionner à l’occasion de festivité de Nouvel an.
« Je ne savais pas que c’était comme ça sur le marché, des embouteillages d’abord ensuite le prix monte et si tu tardes c’est fini, tu n’auras rien car les gens achètent en masse parce qu’il n’y a pas beaucoup de viande sur le marché », a témoigné une femme de ménage
Haricots, légumes, pommes de terre, les aliments les plus consommés à Goma ont vu leur prix doubler. Cette inflation nuit au pouvoir d’achat des familles.
Depuis l’avancée des rebelles du M23 qui ont encerclé la ville de Goma, l’approvisionnement en vivres est devenu un casse-tête. D’autres produits alimentaires quittent le territoire de Masisi, Minova et Buzi-Bulenga, dans la province du Sud-Kivu.
Fidèle Kitsa