Une formation stratégique de deux jours consacrée aux enjeux climatiques et financiers liés aux crédits carbone s’est ouverte ce jeudi à Kinshasa, avec pour objectif de renforcer les capacités des acteurs nationaux et de valoriser le potentiel forestier de la République démocratique du Congo.
Organisée dans le cadre de la deuxième session dédiée au droit de l’environnement par le cabinet LM Conseil Law Firm, cette initiative s’inscrit dans l’importance croissante des crédits carbone, désormais considérés comme un levier économique stratégique.
Intervenant à l’ouverture des travaux, Felix Credo Lilakako Malikuka a insisté sur la nécessité de garantir une sécurité juridique solide afin d’assurer la crédibilité et la valeur de ces actifs sur le marché international.

« Le monde change, et avec lui, notre économie. Le carbone n’est plus seulement une donnée environnementale ; il est devenu un actif financier stratégique pour notre pays. Mais pour que cet actif ait une valeur réelle sur le marché international, il doit reposer sur un socle de granit : la sécurité juridique », a-t-il déclaré.
Dans un contexte marqué par l’urgence climatique et l’essor du marché du carbone, les participants notamment avocats, magistrats, entreprises, chercheurs et représentants des administrations sont appelés à s’approprier les mécanismes liés à la conformité, à la certification des projets et à leur encadrement légal.

Intervenant sur le sous-thème « Marché volontaire des crédits carbone : principes, perspectives et défis pour les entreprises », Paul Bertaux, membre du groupe Ressources forestières et marketing (RFM), a mis en avant l’importance de mettre en place un cadre réglementaire clair et attractif pour les investisseurs.
« Il est urgent, notamment grâce aux investisseurs, que les politiques, les réglementations et la fiscalité se mettent en place, car rien n’est plus inquiétant pour un investisseur que d’entrer dans un pays où le cadre politique est instable et où il ne peut pas opérer à l’international », a-t-il déclaré.

Prévue du 19 au 20 mars, cette formation aborde plusieurs thématiques clés, notamment le cadre institutionnel, le rôle des banques, l’audit des projets carbone, les questions de propriété ainsi que les contentieux liés à ce secteur.
À travers cette initiative, les organisateurs entendent contribuer à l’émergence d’un cadre juridique adapté, d’un marché incitatif et d’une fiscalité transparente, afin de permettre à la RDC de tirer pleinement profit de son potentiel forestier et de positionner durablement son économie dans la dynamique de la transition verte.
Giscard Havril Mane






