A l’occasion du lancement la campagne agricole 2025-2026 par le chef de l’Etat, le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, a annoncé avoir officiellement entrepris des démarches en vue de la création d’un fonds de développement de l’agriculture qui permettra de financer les engrais et les fertilisants, et d’appuyer les agriculteurs.
Est-ce le signe d’un investissement désormais plus conséquent de l’Etat congolais dans le secteur agricole ? Cette année, le lancement de la campagne agricole a connu une résonance très particulière avec la présence du président Félix Tshisekedi qui a proclamé, il y a six ans, « la revanche du sol sur le sous-sol », tel un serment que, sous son règne, le pays ne contentera pas que des ressources minières du reste épuisables, mais aussi et surtout de ses 80 millions de terres arables pour booster son développement.
Ce 28 août à Menkao, dans la périphérie-Est de Kinshasa, le chef de l’Etat a lancé officiellement la saison agricole 2025-2026, distribuant symboliquement des engins agricoles destinés aux provinces.
Malgre ses immenses potentialités, l’agriculture a longtemps souffert d’un investissement conséquent. Le moment a-t-il sonné de revoir la copie ? A Menkao, le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, n’a pas tari d’éloges à l’endroit de Félix Tshisekedi qui, dit-il, a revu à la hausse le budget de l’agriculture conformément à l’engagement de Maputo (en 2003, des pays africains se sont engagés à allouer au moins 10 % de leurs ressources budgétaires nationales au développement agricole et rurale) et mobilisé des financements auprès de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement.
« Le Chef de l’État a donné les moyens. C’est à nous désormais de faire notre part », a déclaré le nouveau patron du secteur.
Toujours dans la quête de maximisation de ressources pour le secteur, celui qui se veut porteur d’une « Révolution agricole agressive » a annoncé avoir officiellement entrepris des démarches en vue de la création d’un fonds de développement de l’agriculture. Ce fonds permettra, a-t-il souligné, de financer les engrais et les fertilisants, et d’appuyer les agriculteurs.
« Nous souhaitons que la revanche du sol sur le sous-sol se traduise par ce projet de Décret sollicitant la création de ce fonds. L’agriculture doit cesser de se financer par le DTO », a-t-il affirmé.
Les moyens ainsi réunis permettra au ministre de travailler à l’operationnalisation des cinq axes majeurs de son action. Parmi lesquels la disponibilité des intrants agricoles et la coordination des initiatives agricoles. Le ministre mise également sur la relance de la recherche agricole, en renforçant l’Institut nationqle pour l’étude et la recherche agronomique (INERA) et les centres de production de semences améliorées disséminés dans le pays et sur la mécanisation accrue, avec la mise en place de brigades de motorisation et la distribution de tracteurs dans toutes les provinces. Puisqu’il faut placer l’homme au centre de tout, la valorisation des agents agricoles reste aussi son cheval de bataille.
« Les agents de l’agriculture ne doivent pas être la risée. C’est dans cet objectif que nous avons récemment acheté quatre bus pour faciliter leur mobilité », a ajouté celui qui vient de signer un nouvel Arrêté portant habillement des inspecteurs agricoles.
Cette campagne agricole portera également un regard particulier sur les filières cacao et café, considérés comme faisant partie des « produits pérennes ». Des tournées provinciales seront organisées avec l’Office national des produits agricoles du Congo (ONAPAC) dès la semaine prochaine où il sera demandé à chaque villageois d’avoir un champ.
Infos.cd