Les Français de l’étranger, notamment ceux résidant en RDC, votent du mercredi 3 au jeudi 4 juillet pour le deuxième tour des législatives.
En RDC, plus de 2000 électeurs français de l’étranger sont attendus dans un vote qui se fait en ligne.
Arrivée en tête à l’issue du premier tour, Amélia Lakrafi, députée sortante et candidate du camp présidentiel Ensemble, va défier Elsa Di Meo du Nouveau Front Populaire.
Ces législatives se déroulent dans un contexte de montée en puissance de l’extrême droite. Comme en Italie, en Hongrie et aux États-Unis où Donald Trump est en passe de revenir au pouvoir, la France ne fait pas exception. Une donne qui inquiète surtout les Français de la diaspora avec le projet du Rassemblement national (RN) de supprimer la double nationalité, ce dont s’oppose fermement la députée sortante de la 10ème circonscription.
« Si l’extrême droite prend le pouvoir, les conséquences pour les Français de l’étranger, notamment ceux vivant en Afrique et plus précisément au Congo, pourraient être graves. Des politiques d’immigration plus strictes pourraient rendre plus difficile le retour ou l’installation en France », estime Lakrafi dans une interview exclusive accordée à Infos.cd
« Sentiment de rejet et de méfiance »
Elle reconnaît tout de même que la montée de l’extrême droite en France est motivée par « un sentiment de rejet et de méfiance envers la classe politique traditionnelle ».
Si elle est réélue, Amélia Lakrafi promet de bien faire face à cette montée du nationalisme et de l’isolationnisme (qui) pourrait également nuire aux relations internationales et à la coopération avec les pays africains, affectant les entreprises françaises à l’étranger et limitant les opportunités de développement ».
50% du taux de participation au premier tour
Elle compte sur une participation massive au deuxième tour. Au premier tour, environ 50% d’électeurs ont rempli leur devoir civique.
Une victoire du RN devrait également sonner le glas « des visas et des projets culturels, éducatifs ou humanitaires financés par la France » en plus de réduire « les services consulaires et l’aide sociale ».
« J’ai beaucoup appris sur les ruses et subterfuges utilisés pour nous empêcher de voter, et je suis prête à utiliser ces mêmes méthodes d’obstruction parlementaire pour défendre nos valeurs », a-t-elle poursuivi.
Durant son premier mandat à l’Assemblée, Lakrafi a surtout milité contre les violences faites aux femmes à l’étranger. « Un sujet que personne n’avait jamais adressé auparavant », a-t-elle avancé. Son plaidoyer a débouché entre autres sur l’obtention « des budgets dédiés » et la signature d’un partenariat entre le gouvernement français et une plateforme dédiée à l’aider des victimes à l’étranger qui se sentent souvent seules et désespérées.
Elle a également été à l’origine de la mise en place d’une direction des impôts des non-résidents en 2018 et du texte de loi en faveur de la dématérialisation de l’état civil. Sa plus grande initiative reste « l’augmentation sans précédent du budget du Quai d’Orsay, après 30 ans de baisse ».
« Simplifier les démarches administratives »
Un qu’il qualifie de « solide » auréolé de « résultats concrets et tangibles » qu’elle brandit fièrement pour solliciter un deuxième mandat qu’elle veut inscrire sous le signe de « la continuité et l’amélioration des initiatives en place et des initiatives nouvelles notamment pour les enfants à besoin spéciaux ».
« Je vais continuer à lutter contre les fermetures de comptes bancaires et à simplifier les démarches administratives pour les Français de l’étranger. Mon programme est concret et détaillé, contrairement à celui de mon adversaire, et repose sur des actions éprouvées et des solutions pratiques pour améliorer la vie de nos concitoyens », a-t-elle renchéri.
Ouverts ce mercredi, les votes pour les Français de l’étranger vont se poursuivre jusqu’à dimanche en ligne avec les identifiants fournis par l’Ambassade ou le consulat.
Yvette Ditshima