Décédé lundi à Atlanta aux États-Unis, Mutombo Dikembe était plus qu’une légende du basket. L’ex-star de la NBA s’est surtout illustré par son humanisme et son altruisme qui font encore aujourd’hui sa renommée en RDC et ailleurs.
Si son rêve de devenir médecin ne s’est pas réalisé, Mutombo Dikembe a bâti tout un hôpital à Kinshasa. Dédié à sa mère, l’hôpital Biamba Marie Mutombo est une référence à Kinshasa. Inauguré en 2007 après deux ans des travaux qui ont coûté près de 29 millions de dollars dont plus de la moitié provenant directement de ses économies, Biamba Marie Mutombo fait partie des hôpitaux les mieux équipés du pays avec une capacité de 170 lits, une salle d’urgence ultramoderne, une unité de soins intensifs, une pharmacie et un service de radiologie moderne.
Si Maman a un hôpital en son nom, Papa a été immortalisé à travers une école à Lupatapata, à 15 kilomètres de Mbuji-Mayi, dans le Kasaï Oriental, sa province d’origine. Inauguré en 2021, Samuel Mutombo Institute a été présenté par son promoteur comme un cadre pour une « éducation saine des enfants et particulièrement de la jeune fille ». Pour réaliser l’œuvre, Dikembe débourse 4 millions de dollars. La construction d’une école secondaire, d’une ferme et des cliniques devrait suivre afin d’atteindre un développement complet de ce territoire d’où était originaire son père.
L’humanisme de Mutombo Dikembe n’était plus à démontrer. « Donner en retour a toujours été une marque de fabrique de Mutombo depuis son entrée dans la NBA en 1991 », écrit notamment à son sujet la très célèbre We Are Family Foundation. Bien avant d’investir dans son Congo natal, l’ancien joueur du BC Onatra est passé notamment au Kenya pour visiter des camps de réfugiés somaliens, en 1993, sous son ancienne casquette de porte-parole de CARE, l’agence internationale de secours.
Une vie dédiée à la cause de ses semblables
En 1996, il finance entièrement le voyage de l’équipe de basketball féminine du Zaïre qui a pris part aux JO d’Atlanta, prenant également en charge des factures de l’équipe d’athlétisme. Son aura fait de lui, par la suite, le tout premier émissaire de la jeunesse du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
En 1999, il lance Dikembe Mutombo Foundation (DMF), une organisation caritative avec pour mission d’améliorer la santé, l’éducation et la qualité de vie de la population de la République démocratique du Congo.
Depuis sa mise en place, DMF s’implique pour l’accès pour tous aux soins de santé primaires, la prévention des maladies, la promotion de la politique de santé, la recherche en santé et l’amélioration de l’accès à l’éducation en matière de santé pour la population de la RDC.
Au-delà de toutes ses casquettes, Mutombo Dikembe était également ambassadeur de bonne volonté pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et membre actif de plusieurs organisations caritatives. Jusqu’aux derniers instants de sa vie, le célèbre défenseur NBA a su utiliser sa notoriété pour défendre des causes humanitaires et sensibiliser le public sur les enjeux de la santé mondiale.
Un engagement plusieurs fois reconnu à l’international, notamment en 2007 quand il est reçu à la Maison Blanche par le président Georges W. Bush. Aux États-Unis comme en RDC, le mythique dossard « 55 » aura été une figure de proue du monde sportif et humanitaire, au point d’obtenir un siège aux conseils d’administration des Centers for Disease Control (CDC), du National Constitution Center, de Special Olympics Internatio-nal et du conseil national du Fonds américain pour l’UNICEF.
« Pas dans ma maison »
Mutombo Dikembe, c’est surtout l’un des meilleurs contreurs de l’histoire de la NBA. Chaque interception est alors suivie de son célèbre « Finger Wag », un geste pour dire « Pas dans ma maison ». Au fil du temps, ce slogan s’est également transposé dans son combat humanitaire. « Pas dans ma maison » pour refuser l’injustice et promouvoir le respect des droits et de la dignité humaine.
Plus qu’un basketteur, Mutombo Dikembe s’est ainsi bâti le profil d’une véritable source d’inspiration pour les générations de joueurs et de philanthropes pour sa discipline et son engagement en faveur du développement en Afrique. Malgré tous ses combats remportés, il perd le tout dernier, celui qui l’a opposé à un cancer du cerveau diagnostiqué en 2022.
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