Le parti politique ENVOL a exprimé son indignation face au projet du gouvernement congolais visant à accueillir des ressortissants de pays tiers dans le cadre des politiques migratoires des États-Unis, selon un communiqué parvenu à Infos.cd
Dans ce document, la formation politique de l’opposant Delly Sesanga estime que cette communication des autorités constitue « un aveu grave d’impuissance et de bradage de notre dignité et souveraineté nationales ». ENVOL rappelle, à cet effet, les conséquences historiques de la gestion des flux migratoires dans la région, notamment lors de la crise rwandaise de 1994, qu’il considère comme un facteur ayant contribué à l’instabilité persistante dans l’Est du pays.
Le parti critique une initiative qu’il juge prise sans débat public ni contrôle parlementaire, alors même qu’elle engage, selon lui, la souveraineté territoriale, la sécurité nationale et la politique migratoire de la République démocratique du Congo.
ENVOL s’interroge également sur la capacité du pays à accueillir de nouveaux migrants, dans un contexte marqué par d’importants défis internes. Il évoque notamment les millions de déplacés internes, l’absence d’un fichier national de la population, les faiblesses du système judiciaire ainsi que la montée de la criminalité urbaine.
« Le peuple congolais a droit de savoir ce que manigance le gouvernement », insiste le communiqué, dénonçant une décision prise « dans l’opacité politique et administrative ».
Selon ENVOL, l’accueil de ressortissants étrangers expulsés par un autre État s’apparente à une externalisation de politique migratoire, susceptible de compromettre l’autonomie du pays. Le parti estime que cette démarche pourrait « subordonner notre politique migratoire à des décisions étrangères » et « transformer notre territoire en dépotoir de gestion des contraintes d’autres États ».
Il met également en doute les garanties avancées par le gouvernement, notamment en ce qui concerne le caractère « temporaire » du dispositif ou encore le respect de la souveraineté nationale.
ENVOL déplore par ailleurs le manque de transparence autour de plusieurs aspects clés de cet éventuel accord avec les États-Unis, notamment le nombre de personnes concernées, leur statut juridique ainsi que les modalités d’accueil et d’hébergement.
Face à ces préoccupations, le parti exige la suspension immédiate de la mise en œuvre du projet, la publication intégrale des termes de l’accord, ainsi que la saisine du Parlement. Il appelle également à l’ouverture d’un débat national sur la politique migratoire et les engagements extérieurs du pays, invitant les forces politiques et sociales à se mobiliser pour « défendre la souveraineté, la dignité et l’avenir du Congo ».
Dans un communiqué du 5 avril 2026, le gouvernement de la République démocratique du Congo a confirmé la mise en place d’un dispositif d’accueil de ressortissants de pays tiers dans le cadre de la coopération avec les États-Unis sur les questions migratoires.
Selon les autorités, ce mécanisme s’inscrirait dans une logique de « solidarité internationale » et de gestion concertée des flux migratoires, tout en respectant la souveraineté nationale. Il est présenté comme temporaire et encadré par des accords bilatéraux.
Yvette Ditshima






