La Fondation Miradel, en partenariat avec BWOD Development, a organisé ce samedi à Kinshasa une activité de sensibilisation en faveur des femmes, axée sur leurs droits, la santé et l’autonomisation. Cette initiative a réuni des participantes venues de plusieurs communes, notamment des zones jugées plus vulnérables et moins desservies en information.
Pour la présidente de la fondation, Miradel Mujengula, l’objectif principal est de combler le déficit d’information qui freine l’exercice effectif des droits des femmes.
« Puisque le thème de l’année est “Droits garantis, justice, autonomisation des femmes”, nous nous sommes rendu compte que toutes les femmes n’ont pas accès à l’information », a-t-elle déclaré.
Selon elle, la connaissance des droits constitue la première étape vers leur protection.
« Pour que les droits soient garantis, il faut d’abord s’informer, car on ne peut garantir que ce qui est connu », a-t-elle insisté.
Au-delà de la sensibilisation juridique, les échanges ont également porté sur la santé et l’entrepreneuriat, présentés comme des leviers essentiels d’autonomisation.
« En matière d’autonomisation, nous avons sensibilisé sur la santé et sur l’entrepreneuriat, pour montrer que c’est possible. Nous devons encourager ces femmes à connaître leurs droits et à entreprendre pour améliorer leur environnement », a-t-elle ajouté.
L’activité a particulièrement ciblé les femmes vivant dans des zones où l’accès à l’information reste limité.
« Les participantes viennent de différentes communes, les femmes vulnérables n’ont pas toujours accès aux médias ni à l’information. C’est pourquoi nous sommes allés à leur rencontre dans leurs milieux », a-t-elle expliqué.
De son côté, Agathe Ngomba, présidente du conseil d’administration de BWOD Development, a insisté sur la nécessité de vulgariser les dispositifs existants, notamment en matière de santé.
« La thématique a notamment porté sur la couverture santé universelle. Depuis sa promulgation, beaucoup de femmes ne sont pas informées. Il était donc essentiel de leur expliquer, notamment, les raisons de la gratuité de la maternité dans les établissements publics », a-t-elle indiqué.
Elle a également souligné la persistance des violences basées sur le genre (VBG), souvent mal comprises ou banalisées.
« Nous constatons que de nombreuses femmes ne connaissent pas leurs droits. Elles en viennent parfois à normaliser les abus qu’elles subissent dans la société », a-t-elle déploré.
Évoquant un cas récent de violences en milieu de soins, elle a rappelé l’importance de protéger les victimes.
« Pour le cas du Dr David Bananganayi, la victime n’avait pas à subir de tels actes. En tant que femme, elle mérite respect et protection », a-t-elle souligné.
Les organisatrices ont rappelé que plusieurs instruments juridiques encadrent la protection des droits des femmes, notamment le Protocole de Maputo et la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, ratifiés par la République démocratique du Congo.
Elles reconnaissent néanmoins que malgré ce cadre, les défis restent importants, en particulier en ce qui concerne l’accès à l’information, l’application des lois et la lutte contre les violences.
À travers cette initiative, la Fondation Miradel et BWOD Development entendent rapprocher l’information des femmes à la base.
Association engagée dans l’autonomisation des femmes et des jeunes vulnérables, la fondation accompagne notamment orphelins, jeunes filles et mères chefs de ménage à acquérir des compétences et à s’insérer socio-économiquement. Active dans des domaines comme l’agriculture, l’éducation et l’environnement, elle prévoit d’intensifier ses actions en 2026, avec l’objectif d’accompagner une centaine de jeunes vers l’autonomie.
Yvette Ditshima






